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Pérou-Chili : les eaux disputées du Pacifique


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Pérou-Chili : les eaux disputées du Pacifique

A Puerto Grau, sur la côte Pacifique du Pérou, les pêcheurs n’attendent qu’une chose : pouvoir lancer leurs filets dans les eaux qui se situent juste devant leurs côtes, dans les 200 milles marins de zone économique exclusive. Des eaux très poissonneuses qui leur sont interdites.

“Nous voulons aller là-bas, dans ce territoire maritime, mais ils ne nous laissent pas y aller parce que ce sont, soi-disant, des eaux chiliennes. Donc nous avons de nombreuses plaintes des pêcheurs de Puerto Grau et aussi d’Ilo”, assure José Leon, lui-même pêcheur sur cette côte du Pérou.

“Si la décision de la Haye est en notre faveur, nous aurons un territoire maritime plus grand et le poisson se concentre justement dans cette zone. Ce sera bénéfique pour nous et c’est comme cela que cela doit être. Comment est-ce possible que le Chili dispose de toutes ces eaux ?”, estime Luis Segura, lui aussi pêcheur péruvien.

Actuellement, la frontière maritime entre le Chili et le Pérou s‘étire en ligne droite, plein ouest, parallèlement à l‘équateur. Le Pérou veut revoir le tracé pour qu’il suive la ligne de la frontière terrestre et gagner ainsi un peu plus de 38 000 km2, actuellement sous souveraineté chilienne.

Un différend dont l’origine remonte à la guerre du Pacifique à la fin du XIXe siècle, remportée par le Chili. Le Pérou perdit alors 25% de son territoire et la Bolivie son accès à la mer.

“Si la décision de la Haye est négative, nous sommes certains que des mouvements sociaux vont avoir lieu à Tacna, des mouvements sociaux qui auront des conséquences majeures”, met en garde Tito Chocano, le président de la province de Tacna.

Une décision attendue de longue date, d’autant que le Pérou a saisi la Cour Internationale de Justice en janvier 2008.

“L’enjeu le plus important de ce processus c’est que la Cour détermine si, comme le soutient le Pérou, il n’y a pas eu de traité frontalier entre le Pérou et le Chili, ou si, comme le dit le Chili, il y a ces accords de 1952 et 1954, qui n’ont, pour nous, aucun effet sur les frontières. Ils ne peuvent pas être considérés comme des “traités”, déclare Rafael Roncagliolo, le ministre péruvien des Affaires étrangèes.

Contrairement à la Colombie qui a rejeté l’arbitrage de la CIJ face au Nicaragua, Lima et Santiago ont indiqué que leur pays respectif respecterait la décision de la Cour internationale de justice.

Des liens étroits unissent les deux pays par ailleurs. Le Chili accueille plus de 100 000 immigrants péruviens et a investi 12 milliards de dollars au Pérou.

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