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La bataille pour le contrôle d'Internet se joue à Dubaï

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La bataille pour le contrôle d'Internet se joue à Dubaï

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La gouvernance de l’Internet est au cœur d’un débat sans précédent cette semaine à Dubaï. Les représentants de 193 pays se penchent en effet sur la réforme du Règlement des télécommunications internationales, un traité qui date de 1988, soit avant même que le web soit utilisé par le grand public.

Deux camps s’opposent dans ce débat : d’un côté, les pays favorables à un droit de censure, de l’autre, les partisans de la liberté sur Internet, soutenus par les acteurs majeur du web, dont Google. “Internet est attaqué de différentes façons. De nombreux pays voient la Toile comme une menace, en particulier ceux qui ont peur de la liberté d’expression. Aujourd’hui, plus de 40 pays dans le monde censurent Internet d’une façon ou d’une autre, et on voit des gens payer les conséquences de l’utilisation de cette plateforme», explique Vinton Cerf, chef internet « évangéliste » de Google.

La semaine dernière, la justice russe interdisait l’accès sur Internet aux vidéos du groupe Pussy Riot, les jugeant extrémistes. Un exemple parmi tant d’autres qui montre que Moscou veut avoir davantage le contrôle sur la Toile. Idem pour la Chine qui souhaite que les Etats aient un droit de regard renforcé sur la régulation du web à l’intérieur même de leurs frontières.

Une chose est sûre : Internet va continuer à se développer au cours des prochaines décennies, et sera un jour accessible à tous ou presque. Les serveurs centraux seront remplacés progressivement par des réseaux locaux, plus rapides, plus accessibles, qui permettront à n’importe quel appareil électronique de se connecter à la Toile.

Mais les pays en voie de développement ont encore un accès très limité voire inexistant au web. Qui doit financer les infrastructures manquantes? La question divise. Pour le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-Moon, l’objectif de la conférence de Dubaï doit être l’accès universel aux technologies de l’information et de la communication, pour les deux tiers des habitants de la planète qui n’ont pas accès à l’internet.