DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Immigration au Canada : les oubliés de Buffalo


Canada

Immigration au Canada : les oubliés de Buffalo

Près de 10 000 immigrés vivant au Canada sont sans nouvelles de leur demande de résidence permanente, depuis la fermeture en mai dernier du consulat canadien à Buffalo. Selon Citoyenneté et Immigration Canada, les dossiers transférés à Ottawa seront traités « d’ici à la fin de l‘été 2013 ».

« Chaque jour quand je vais voir ma boîte aux lettres, je regarde si je n’ai pas reçu un courrier venant d’immigration Canada. Je ne suis plus capable de supporter le stress de cette attente », témoigne Yann Gonthier sur la chaîne Radio-Canada. Originaire de l’Île de la Réunion, cet immigré français espère obtenir sa résidence permanente depuis bientôt deux ans.
Après des études au Canada, il a décidé de rester sur place pour travailler. Il attend désormais un enfant avec sa compagne. Mais en raison de son statut, il ne peut souscrire à un crédit immobilier pour investir dans un nouveau toit et accueillir le nouveau-né.

Comme lui, la plupart des immigrés ayant déposé leur demande de résidence au bureau de Buffalo éprouvent un sentiment d’injustice face à ces retards, après plusieurs années d’études ou de travail au Canada.
Certains immigrés ont depuis perdu leur statut de travailleur. S’ils souhaitent rester, dans l’attente d’un renouvellement de statut, c’est sur leurs économies qu’ils doivent compter.

Ceux qui viennent de l’immigration sélective bénéficient d’une mesure palliative. Elle exempte les employeurs de devoir prouver à chaque renouvellement que leur salarié étranger n’exerce pas un emploi qu’un travailleur canadien pourrait occuper. Ces immigrés doivent tout de même renouveler leurs papiers tous les trois mois. Résultat : des frais de visa et des délais de carence pour les prestations gouvernementales, comme l’assurance maladie.

Malgré de longues heures perdues au standard de Citoyenneté et Immigration Canada, peu d’immigrés sont arrivés à trouver un interlocuteur au Ministère pour réclamer un suivi de leur dossier. En effet, en raison de coupes budgétaires, 19 bureaux régionaux de CIC ont fermé leurs portes en juin dernier. 225 fonctionnaires qui travaillaient au centre d’appel du Ministère à Montréal ont été congédiés.

Lors de l’évocation du dossier à la Chambre des communes, le ministre de l’Immigration Jason Kenney, a estimé que « les fonctionnaires traitent ces demandes de manière efficace ».

Un porte parole de Citoyenneté et Immigration Canada a annoncé que les futurs demandeurs sortiront gagnants des changements amorcés : à l’avenir les demandes soumises à Ottawa seront traitées plus rapidement qu’elles ne l‘étaient à Buffalo. Mais pour l’heure, « les oubliés de Buffalo » devront attendre d’ici la fin de l‘été 2013. Pour certains, il sera peut-être déjà trop tard.

Prochain article

monde

Victor Ponta se succède à lui-même en tant que Premier ministre en Roumanie