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France-Algérie : nouveau départ?

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France-Algérie : nouveau départ?

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50 ans après l’indépendance, les relations entre la France et l’Algérie restent singulières et compliquées. Depuis, chaque président français parle de refondation, de nouveau départ, chaque visite d’Etat à Alger est attendue, redoutée, porteuse d’espoir.

Au début de son mandat, François Mitterrand ouvre même une ère de lune de miel, elle s’achèvera avec la victoire du FiS en 1992, et le début de la décennie noire pour l’Algérie. En 2003, Jacques Chirac y effectue une visite en grande pompe, parle d’un traité d’amitié, enterré par une loi contestée sur la colonisation en 2005. Ce poids de la colonisation, dont Nicolas Sarkozy évoque le caractère injuste en 2007. François Hollande ne prononcera pas d’excuses non plus:

“Je ne suis pas là pour réouvrir le placard. Je suis là pour que nous puissions bâtir ensemble une nouvelle maison, vous me demandez ce qui est le plus important, je vous réponds : c’est l’avenir, ma visite se base sur l’avenir.”

Regarder l’avenir, de préférence sans faire repentance. Pourtant les plaies du passé, même estompées, sont toujours là. Et cette guerre qui aurait fait entre 300 et 400 000 morts côté algérien, et plus de 27 000 soldats français, continue d’empoisonner les relations entre les deux capitales.

Pour préparer le terrain, en octobre dernier pour le première fois, François Hollande avait qualifié les évènements du 17 octobre 1961 de “répression sanglante”. Plusieurs dizaines d’algériens qui manifestaient à Paris avaient été tués par la police ce jour-là.

Difficile travail de mémoire entre deux pays qui par ailleurs entretiennent des liens très étroits et une coopération multiforme.

Mais pas à pas, les choses changent, ainsi le dossier des visas devrait notamment être abordé, pour faciliter les visites d’algériens en France. Ainsi cet algérois : “Je n’ai jamais visité la France, j’ai 52 ans, je suis un ingénieur, ils m’ont refusé je ne sais pas pourquoi à l’ambassade de France, de visiter la France”

Le temps passant, la génération de l’indépendance est en train d‘être supplantée par une autre, 75% des Algériens ont moins de 40 ans, une nouvelle génération plus préoccupée par d’autres problèmes,
notamment économiques, et désireuse de changement. 50 ans après l’indépendance, les Algériens, à une forte majorité, sont aujourdhui favorables à une normalisation des relations entre les deux pays.