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Un papier peint anti-sismique

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Un papier peint anti-sismique

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Octobre 2011. Province de Van, dans l’est de la Turquie. Séisme de magnitude de 7,2. Des centaines de morts et de blessés.

Tous les bâtiments ou presque se sont écroulés sur leurs occupants. Des bâtiments dont les murs sont faits de brique, un matériau qui offre un excellent rapport qualité-prix mais dont la faiblesse stucturelle peut être fatale. Face aux forces exercées par un séisme, les murs en brique ne résistent pas.

Au moment d’un tremblement de terre, le crépi s’effrite. La brique se détache. Et c’est le mur tout entier qui peut s’effondrer. Un bâtiment en brique peut supporter des forces énormes tant que celles-ci s’exercent verticalement.

Mais un séisme produit aussi des forces d’accélération qui s’exercent latéralement. Les murs ne sont pas assez élastiques. Ils se fissurent, deviennent instables et finissent pas s’effondrer.

A l’Institut de Technologie de Karlsruhe, en Allemagne, on cherche des solutions pour rendre les murs de briques plus résistants. Objectif : donner plus de temps pour évacuer les batiments.

Les premières essais remontent aux années 90. Les chercheurs utilisent alors des lattes en fibres de carbone. A la fois souples et très solides, ces lattes sont fixées contre les briques pour tenter de stabiliser un mur.

Mais c’est l‘échec : la répartition des forces ne se fait pas correctement. Pire, elles se concentrent au niveau des points de fixation. Résultat : les murs s’effritent et s’effondrent, même lors de tests simulant des séismes de faible intensité.

Forts de ces enseignements, les chercheurs de Karlsruhe ont eu l’ideé de renforcer les murs en utilisant un nouveau type de papier peint très résistant.

Première étape : choisir le matériau. Les scientifiques ont opté pour la fibre de verre, un composant très élastique qui pourra assouplir la structure du mur.

Deuxième étape : trouver une colle efficace pour fixer le papier peint. Le choix s’est porté sur un mélange d’eau, de liant et d’une grande quantité de billes en plastique, qui se composent de milliers de longues molécules.

Quand on applique cette colle sur le mur, elle pénètre dans toutes les fissures. L’eau s’évapore et les billes fusionnent. Les chaines de molécules forment alors un réseau qui s’accroche fermement au mur. La fibre de verre est donc complètement coulée dans le mélange.

“L‘élasticité de l’ensemble est due aux caractéristiques du plastique que nous avons fabriqué”, explique le chercheur Michael Engel. “Il peut modifier sa structure interne sous l’action des forces du séisme. C’est vraiment une avancée. Ce système est facile à utiliser et d’une grande efficacité”

Ce ne sont pas les tremblements de terre en eux-mêmes qui tuent, ce sont surtout les effondrements.

Et tant que l’on ne pourra pas prévoir avec précision quand frappera le prochain séisme, la meilleure façon de se prémunir sera de tout faire pour que les bâtiments résistent le plus longtemps possible.