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Washington et l'après-Chavez

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Washington et l'après-Chavez

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L‘état de santé de Hugo Chavez suscite toute l’attention de Washington. La fin politique du plus farouche opposant des Etats-unis en Amérique Latine ouvrira une ère nouvelle dans les relations entre les deux pays, mais Washington craint l’incertitude politique à venir:

Michael Shifter, président de l’Inter-American Dialogue :

«C’est un pays très polarisé, il y a beaucoup de méfiance, beaucoup de rancœur, et si Chavez meurt, il y aura forcément des manoeuvres et des luttes de pouvoir de tous les côtés, et ça peut devenir compliqué. Dans ce cas, les forces armées
auront probablement un rôle très important à jouer. “

Washington voudrait une relation pragmatique avec les successeurs de Chavez pour aborder tous les dossiers, de la lutte contre la drogue, à la coopération énergétique.

Eric Olson, analyste au Woodrow Wilson Center :
“Il y a un engagement et un intérêt très fort aux Etats-Unis pour ce qui se passe là-bas. Dans l’ensemble, on souhaite maintenir le contact et que la transition démocratique au Vénézuéla soit maintenue et mise à profit.”

Premier dossier, le pétrole: les Etats-Unis absorbent 75 % des exportations vénézuéliennes de brut.

Michael Shifter, président de l’Inter-American Dialogue :
«Le pétrole coule toujours entre Vénézuéla et les États-Unis. Le Vénézuéla en a besoin pour soutenir son économie. Sous Chavez, l‘économie vénézuélienne a été très dépendante du pétrole, comme avant, et les États-Unis sont le principal client du Vénézuéla, son principal marché, même s’ils ont essayé de se diversifier”.

Pour les experts, le fait que le Vénézuéla a besoin du marché américain et que les Etats-Unis ont besoin du pétrole brut vénézuélien devrait contribuer à améliorer les relations économiques et politiques entre les deux pays dans un proche avenir.

Eric Olson, analyste au Woodrow Wilson:

“Chavez avait une position très dure envers les Etats-Unis. Et les Etats-Unis ont critiqué certains aspects du gouvernement Chavez, évidemment. Les rapports ont été un peu froids, mais malgré cela, il y a toujours le désir de la part des États-Unis d’avoir des liens avec le Vénézuéla, d‘établir des relations normales. “

14 ans de chavisme ont tendu les relations diplomatiques entre Caracas et Washington, qui espère une ère nouvelle.

“L’administration Obama se prépare déjà pour l‘ère post-Chavez, même si le Département d’Etat fait très attention de ne pas le montrer” explique notre correspondant sur place, Stefan Grobe. “Premier souhait de Washington, un ambassadeur ici dans les locaux derrière moi, qui donne un nouveau sens aux relations entre les deux pays”.