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Comment tracer l’histoire du monde en quelques mots ?


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Comment tracer l’histoire du monde en quelques mots ?

Comment représenter l’histoire d’un pays sur une carte de la manière la plus concise possible, multiplier la tâche par 176 pays, et que le tout soit compréhensible au premier coup d’œil ? C’est le défi qu’a relevé l’Américain Martin Elmer avec sa carte « Histoire laconique du monde ». Cette carte réussit le tour de force de combiner des données historiques et géographiques dans une image étonnement simple.

Elmer, cartographe et designer graphique de son état, a dessiné cette carte en décembre dernier à l’aide de 176 mots en forme de pays. Chaque mot, et c’est là toute l’intelligence du concept, est en réalité le mot le plus courant (outre le nom du pays) dans l’article Wikipédia sur l’histoire dudit pays.

« C’est par pur curiosité que l’idée d’utiliser le mot le plus commun de ces articles m’est venue », explique Martin Elmer, joint par euronews. « Le style d’écriture de Wikipédia est académique mais elle reste un projet crowd-sourcée » avec ses spécificités.

Incrustée ci-dessous est la version complète et géante (plus de 12500 pixels de large !) de la carte « Histoire laconique du monde » d’Elmer.

Le terme « laconique », présent dans le titre de la carte, vient quant à lui de Lacédémone, autre nom de la cité de Sparte. Au temps de la Grèce antique, les Spartiates avaient, en plus d’être des guerriers redoutables, la réputation d’être avares en mots (ou d’être mal éduqués selon les Athéniens, au choix). Des traces de messages spartiates lapidaires ou parfois humoristiques, ne faisant qu’une phrase voire un mot, nous sont parvenus.

Du sang, de la sueur, des larmes et des colonies

Fatigué de voir toujours les mêmes infographies avec des diagrammes et des tableaux, Martin Elmer a, pour cette carte typographique, exploré de nouveaux territoires de la cartographie thématique. La carte une fois terminée, son auteur raconte qu’il a été surpris de voir à quel point elle fonctionne bien pour visualiser les informations contenues. Il la voit aussi comme une exploration de la « mémoire collective, de la géopolitique, du nationalisme, de la façon dont Wikipédia fonctionne et de l’historiographie ».

« A l’exception des mots bateaux comme « gouvernement » ou « nouveau », les mots représentent presque toujours quelque chose d’unique et d’intéressant à propos du pays correspondant » explique le designer, qui tient aussi un blog sur la cartographie.

« Si la plupart d’entre eux parlent de bain de sang, de conquêtes et de ploutocratie, c’est probablement prévisible, mais ça n’en n’est pas moins révélateur de certaines choses. » Par exemple, 16% des pays sont représentés par le mot « guerre », parmi eux, l’immense majorité des pays de l’Europe de l’Ouest. Par ailleurs, près de 25% des pays sont représentés par le nom d’une ancienne puissance coloniale. Ainsi, la Grande Bretagne apparaît 16 fois.

Attention cependant, la carte peut se révéler trompeuse. Certains pays sont en effet représentés par le nom d’un pays voisin : l’Inde pour le Pakistan, l’Ethiopie pour l’Erythrée, etc. Euronews ne vous conseille donc pas d’utiliser cette carte pour réviser vos examens de géographie.

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