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Bulgarie : fausse tentative d'assassinat pour 5 minutes de gloire

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Bulgarie : fausse tentative d'assassinat pour 5 minutes de gloire

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Cinq minutes de gloire, un passage à tabac et une inculpation plus tard, la tentative d’attentat menée par Oktay Enimehmedov a tout d’un raté historique. L’homme âgé de 25 ans, armé d’un pistolet à gaz et de deux couteaux, avait agressé Ahmed Dogan (dirigeant du parti de la minorité turque MRF, Mouvement pour les droits et les libertés) lors d’une conférence de presse.

Manque de chance pour lui, son arme s’est enrayée et il n’a pas pu tirer ses cartouches sur le politicien, qui après l’avoir écarté d’un revers de bras a plongé sous son pupitre quand les ses gardes du corps et des membres du parti sont entrés en scène. Ceux-ci, ont « maîtrisé » à renfort de coups l’agresseur amateur sous l’œil des caméras. Il a ensuite été arrêté par la police.

La vidéo a fait le tour d’ internet et Oktay Enimehmedov a récolté une inculpation pour « hooliganisme » et « menaces de mort ». Il a aussi provoqué une belle polémique sur la véracité de la vidéo. Certains, selon Le Guardian, auraient accusé le parti d’avoir embauché le jeune homme et mis en scène une fausse attaque afin de faire de Dogan un martyr et de booster la popularité du MRF. Accusation que les autorités ont démenti par la bouche du Premier ministre, Boyko Borrissov, annonçant dimanche qu’il « croyait que l’attaque n’était pas feinte », avant d’ajouter « c’est un événement inquiétant qui ne doit pas avoir sa place dans une Bulgarie moderne ».

Pour celui qui avait, en fait, juste voulu « effrayer » Ahmed Dogan et « acquérir 5 minutes de célébrité » selon le chef du service psychologique de la police, Nedelcho Stoychev, l’addition risque d’être salée. L’arme, considérée comme une arme d’auto défense, n’était pas létale. Il risque cinq à six ans de prison, d’après le procureur adjoint de Sofia. On a aussi découvert que le jeune homme, étudiant en architecture, avait un casier judiciaire pour drogue, vol et agression. Il ne pensait pas survivre à l’attaque, selon une lettre laissée à son domicile à l’adresse de sa mère.

Quant aux zélés gardes du corp, facilement identifiables sur la vidéo, ils ne sont pas à l’abri d’éventuelles poursuites pour « coups et blessures ». Et si Ahmed Dogan, remis de ses émotions, a démissionné quelques minutes après l’agression, c’était prévu depuis un moment. Il devait en effet annoncer sa démission à la tête de son parti, le Mouvement pour les droits et les libertés, au profit de l’un de ses fidéles, Lyutvi Mestan. L’homme politique estimait que « la diabolisation » de son image nuisait à celle du parti, en pleins préparatifs pour les élections législatives de juillet 2013.