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On n’entre pas comme ça sur les chantiers navals de La Ciotat… Ancien fleuron de la construction marine française de la côte provençale et notamment de pétroliers jusque dans les années 80, le site accueille désormais la grande plaisance et surtout la réparation et le maintenance de superyachts dont les propriétaires sont visiblement soucieux de discrétion.

Du coup à la guérite, à l’entrée, il faut montrer patte blanche. Pour l’instant, nous n’avions découvert le site que de loin, voire de très loin. Tôt au petit matin nous sommes montés sur la Route des crêtes qui rallie La Ciotat à Cassis.
Objectif numéro 1 : faire de belles images du lever de soleil sur La Ciotat, vous savez le genre d’image qu’on prend pendant un bon moment pour les accélérer au montage et avoir un bel effet.
Objectif numéro 2 : tenir la caméra… le Mistral est violent, voire très violent. La météo est catégorique «rafales à 95 kmh». Imaginez alors le fameux «froid ressenti». Mais c’est vrai c‘était beau et donc très loin du port et des chantiers.
Retour sur ces chantiers donc. Un vaste domaine de plusieurs dizaines d’hectares qui commence par une friche industrielle pour arriver sur une grande plateforme dominée par de très imposants yacht de luxe.

Et au milieu de ces bateaux en pleine maintenance pendant la période hivernale un drôle de navire. Il s’agit du PlanetSolar. Le premier bateau à énergie solaire à avoir fait le tour du monde. Certes il a mis 585 jours pour le faire. Autant dire qu’il a pris son temps mais le vrai record n‘était pas ici la vitesse. Il fallait prouver que le soleil pouvait activer deux moteurs pendant toute une «circumnavigation».

Un drôle de navire donc, un catamaran sans voile tout plat aux lignes futuristes. Un bateau imposant aussi. Ça, ça a été la vraie surprise. Et oui, il fait trente mètres de long pour un poids de plus de cent tonnes… On grimpe dans ce bâtiment comme on le ferait à bord d’un avion. Pascal Goulpié le directeur et co-fondateur de cette belle aventure nous accueille et nous fait visiter PlanetSolar.

Moi qui imaginait un prototype spartiate et exigu… Évidemment c’est tout l’avantage d’un catamaran : la place. Le carré paraît gigantesque, la cuisine en comparaison semble petite et si les cabines ne manquent pas de place elles n’ont pas en revanche de hublot… dommage de ne pas voir la mer depuis sa couchette… Mais c’est vraiment pour faire la fine bouche. Le cockpit est un pur bonheur de pilotage même s’il doit y faire chaud sous les tropiques. De là on accède à un pont gigantesque de 537 mètres carrés, évidemment il s’agit des panneaux solaires qui viennent recharger les… 11 tonnes de batteries.

Mais ce qui fait le plus rêver n’est pas là. Dans le carré se trouve une mappemonde, certes sommaire, mais elle retrace le parcours de la première aventure de PlanetSolar et là forcément on rêve, on n’est pas loin d’un Magellan, qui fut le premier navigateur «à ne pas faire personnellement le tour du monde vu qu’il s’est fait bêtement embrocher par les piques d’une tribu de Cébu». En tout cas un seul des cinq navires de l’armada de l’explorateur portugais l’a fait. Le tour du monde de PlanetSolar a été beaucoup plus paisible et pacifique : Gibraltar, les Canaries, Panama, la Polynésie, la Grande barrière de corail, Hong Kong, le détroit de Malacca, les Emirats arabes unis, Suez et enfin l’arrivée en Méditerranée… Comment ne pas rêver embruns, couchers de soleil lointain et vent dans les voiles (pardon : rayons du soleil sur panneaux). Autre invitation au voyage la trop rapide rencontre à bord celle de Gérard d’Aboville, l’homme qui a traversé les océans à la rame. Parrain et soutien de la première heure de PlanetSolar il suit avec beaucoup d’intérêt la deuxième vie du bateau.

Une deuxième vie faite d’une expédition sur les traces du Gulf Stream avec des scientifiques de l’Université de Genève emmenée par le climatologue Martin Beniston. PlanetSolar quittera bientôt son chantier de maintenance de La Ciotat pour retrouver Monaco et un départ officiel qui l’emmènera jusqu’en Floride. C’est de là qu’il partira sur la piste du courant chaud grand régulateur de nos climats tempérés. PlanetSolar remontera jusqu’aux journées où le soleil brille pendant presque 24 heures aux confins du cercle polaire…

Et là le goût de l’aventure m’a rattrapé. Alors je me suis renseigné, à tout hasard. Et en fait ils recherchent… un cuisinier. Ça me dirait bien finalement de faire fonctionner la seule «entorse» au règlement solaire sur le bateau c’est à dire la cuisinière qui… fonctionne au gaz.

Philippe Mathieu

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