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Santander, ville 2.0

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Santander, ville 2.0

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Santander, dans le nord de l’Espagne, est une ville branchée.
A chaque coin de rue, sur les façades, sous les lampadaires, sous les bus, il y a 12 000 capteurs intelligents. Des instruments qui analysent la pollution, le bruit, le trafic routier, l’humidité ou encore la luminosité.
Toutes les informations remontent vers une plateforme centrale qui régule ainsi automatiquement l‘éclairage public, le ramassage des ordures. Ou le stationnement.

“Ici, on a des capteurs sous-terrains de parking qui détectent la présence ou non d’un véhicule et qui renvoient l’information vers ces autres capteurs”, expliaue José Antonio Gallache, ingénieur à l’Université de Cantabrie. “C’est une zone compliquée pour se garer. L’idée c’est de faciliter la vie des citoyens qui pourront trouver des places libres aisément”.

Le cerveau du système, c’est un laboratoire de l’Université de Santander. Ici, les ingénieurs planchent sur la conception de nouveaux capteurs toujours plus performants et sur une utilisation participative.

Pour certains, c’est un progrès. Pour d’autres c’est Big Brother. La ville connectée améliore le quotidien mais peut rogner sur les libertés.
Avec leurs téléphones connectés, les habitants de Santander peuvent envoyer des informations au journal local.
Citoyens modèles ou délateurs ?

“Alors là par exemple les voitures passent très vite alors que c’est une zone limitée à 30 km/h”, nous explique José Miguel Santamaria-Alday, directeur du journal Diario Montanes. “Notre rôle c’est de servir de courroie de transmission entre le citoyen et la mairie et cette application nous fournit une nouvelle source d’information. En plus de rendre publiques les plaintes des citoyens, ça oblige les politiques à réagir beaucoup plus vite”.
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Une relation plus interactive entre les citoyens et l’administration, c’est l’obsession d’Inigo de La Serna, le maire de Santander.
Il se définit lui-même comme un “geek”, un féru d’informatique, toujours connecté et surtout avide de nouvelles applications pour sa ville.

“Alors ici, on peut voir les différents commerces qu’il y a dans la ville”, nous montre le maire en tapotant sur son téléphone. “Ah regardez, ici, on a un arrêt de bus. Juste là et à cet arrêt, on sait exactement à quelle heure vont arriver tous les bus de la ville”.

Toutes ces innovations sont en partie financées par l’Union Européene qui veut faire de Santander un laboratoire. Chaque ville qui le souhaite pourra s’inspirer ce qui fonctionne ici. Pour le maire, c’est une opportunité économique, un antidote à la crise.

“Aujourd’hui, dans ce pays, il y a un contexte de chômage très élevé et pourtant, il y a des entreprises spécialisées dans les nouvelles technologies qui sont en pleine croissance”, souligne le maire. “Et si elles se développent ici, c’est parce qu’elles trouvent un marché florissant avec une projection internationale. Et ça, ça permet de créer des emplois”.

Santander est en passe devenir une ville intelligente.
Un modèle d’urbanisme qui séduit de plus en plus les municpalités.
Et surtout un marché mondial qui pèse des milliards d’euros pour les entreprises hi-tech.