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Tombouctou, et ses trésors inestimables

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Tombouctou, et ses trésors inestimables

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Patrimoine de l’humanité depuis 1988, Tombouctou a survécu jusqu‘à nos jours depuis sa fondation en 1100 par les nomades touaregs. Avec ses mosquées, dont celles de Sankore et Djinguereber, qui datent des 14eme et 15eme siecles, ses mausolés soufis et ses manuscrits, le sort de la ville et de ses trésors fait l’objet de la plus grand inquiétude depuis que les islamistes d’Ansar Dine ont pris le contrôle de la cité en juin 2012.

Ils se sont mis à détruire les mausolées dédiés à des saints soufistes, qu’ils jugent non conformes à leur vision rigoriste de l’islam.

Quelques jours auparavant, l’UNESCO avait classé la ville au patrimoine mondial en péril, cela n’a fait qu’encourager les destructions.

En juillet 2012, la directrice générale de l’UNESCO
disait son inquiétude.

Irina Bokova : “Nous sommes très préoccupés par ce qui se passe au Mali. Très préoccupés par les destructions dans ses sites historiques classés au patrimoine montial. Il y a des mausolées, des mosquées, des manuscrits qui ont une énorme valeur pour l’humanité”.

Les manuscrits de Tombouctou, chiffrés à près de 100 000, sont des trésors inestimables du patrimoine de l’humanité, car ils ont survécu jusqu‘à nos jours, certains depuis la période pré-islamique, conservés au sein des familles depuis des générations.

Ces documents, couvrant tous les domaines du savoir, de l’astrologie au droit, reflètent l’importance de Tombouctou aux 14eme et 15eme siècles lorsqu’elle est une prospère cité caravanière à la lisière du Sahara, près du fleuve Niger. Capitale du savoir et de la culture, qui s’enrichit de voyage en voyage, avec les allées et retours des caravanes :

Ali Ould Sidi, mission culturelle de Tombouctou:
“Prenons le cas des nomades qui se déplacent. Ils ont des bibliothèques ambulantes. Au moment ou le campement se déplace, on met tous les manuscrits dans un sac en cuir, on creuse un trou et on le met là-bas. Les populations se déplacent. Au bout de deux ou trois mois, ces populations reviennent, et comme ils connaissent bien le terrain, ils déterrent leur bibliothèque. Dans certains cas, ils ont encore leurs bibliothèques, mais dans des conditions pénibles.”

Avant même l’arrivée des islamistes, leur état était jugé très préoccupant, et de gros efforts avaient été entrepris pour sauver les manuscrits, attaqués par l’humidité, le sable et les termites.