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Rencontre avec "Mister Miles", le plus grand voyageur au monde

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Rencontre avec "Mister Miles", le plus grand voyageur au monde

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Personne au monde n’a autant fait le tour de la Terre que Frederick W Finn. En effet, l’homme revendique pratiquement 15 millions de miles, soit plus de 20 millions de kilomètres, effectués confortablement assis dans les sièges Business Class d’une multitude de compagnies aériennes. Le livre Guiness a bien sur entériné cette performance. Et à n’en pas douter, Fred Finn est le plus grand « voyageur en série » encore en activité !

À 71 ans, le natif du Kent, en Angleterre, a visité 139 pays au gré de ses voyages. À jamais, son complice préféré pour effectuer ses déplacements restera le Concorde, retiré du service en 2003. A son bord, Finn a réalisé un autre record : il totalise 718 vols sur l’avion supersonique commercial. Il est également la seule personne à avoir pris trois fois le Concorde dans la même journée ! Il a fini par jouir de privilèges certains : le siège 9a lui était, par exemple, toujours réservé. Cette place octroyait le droit de se faire servir son repas en premier… Et si jamais, comble du malheur, ce fameux siège n’était pas disponible, Finn pouvait rejoindre le pilote dans la cabine. Les mesures prises après les attentats du 11 septembre ont depuis totalement et formellement interdit de telles pratiques.

Euronews a pris contact avec Fred Finn grâce au site de voyage My Destination, récent lauréat du concours euronews’ 2012 Business Awards. Il a prêté main forte au site pour lancer l’opération Biggest Baddest Bucket List, qui permettra au vainqueur de cette compétition de remporter un voyage autour du monde de six mois, tous frais payés. De plus, le gagnant se verra un remettre un chèque de 50 000 dollars à son retour !

Remettons en perspective la performance de Finn. Même si le vainqueur de ce concours décide de passer six mois exclusivement à se déplacer en avion, la distance parcourue ne représentera qu’une infime partie du temps que Finn a passé dans les airs. Un temps que l’on peut évaluer à pratiquement trois ans.

L’homme d’affaire à la retraite a exercé la profession de licence manager international, une activité qui consiste à mener à bien la signature de contrats commerciaux et pour laquelle il a effectué la plupart de ses nombreux voyages, non par plaisir. Même si pour Finn travail et plaisir sont intimement liés. « C’est autant du plaisir que du business. Je ne suis jamais monté dans un avion sans n’avoir rien à faire à destination. C’est un plaisir de faire des affaires et ces affaires procurent du plaisir. », nous a-t-il confié. « Je vois les aéroports comme une ruche, où tout n’est qu’excitation. Ce qui procure de l’adrénaline ! J’adore voler, c’est mon domaine. Il n’y a pas un vol où je passe incognito. Je demande toujours aux membres de l’équipage comment ils vont, je me présente de moi-même aux pilotes. Je veux juste être amical avec le personnel naviguant. Dans un avion, je suis dans mon petit monde. Quand je monte à bord, je règle ma montre sur l’heure de ma destination, je commence à manger aux heures de repas du pays dans lequel je me rends. En plus, si j’ai un verre de champagne… Tout va bien ! »

Finn n’a jamais été motivé par les records. Lorsque nous lui avons demandé si le nombre de miles parcourus était plus important que ce qu’il devait faire une fois arrivé à destination, il nous a répondu : « Je vole parce que j’ai besoin d’aller où je vais. C’est ma vie. Accumuler des miles ne représente rien pour moi. »

Tous ses voyages n’ont pas été sans histoire, loin s’en faut. Il a vécu des prises d’otages, des atterrissages d’urgence motivés par des alertes à la bombe ou des problèmes techniques. Par contre Il a toujours loué le professionnalisme des équipages. Pour lui, « la perte de contrôle est effrayante. Mais, c’est justement dans ces situations imprévues que les membres de l’équipage font un formidable travail. Dans ces moments-là, ils sont incroyables.»

Même si Finn considère qu’il a été « ridicule » de mettre un terme à la carrière commerciale du Concorde – il ne s’en remettra pas ! – , il admire toutefois les avions de ligne les plus récents. « Je pense que le Dreamliner (Boeing 787) est fabuleux », affirme-t-il. Il poursuit : « C’est un avion respectueux de l’environnement, car il est entièrement réalisé en fibre de carbone ». Enfin pour Finn, « Le 747 est l’un des plus incroyables avions jamais construits, je l’adore ! D’ailleurs je préfère de loin voyager à bord d’un Boeing que d’un Airbus. Airbus a volé sa technologie au Concorde… », estime-t-il enfin.

D’après lui, que faudrait-il modifier, changer ou améliorer en termes de confort de vol et d’efficacité des opérations dans les aéroports ?

« Le placement libre. Je pense que généralement l’embarquement prend plus de temps avec ce système. Avec des places attribuées à l’avance, c’est plus fluide. C’est également plus efficace de faire embarquer les voyageurs qui seront installés au fond de l’appareil en premier. La sécurité dans les aéroports est parfois bien trop lourde. Dans certains cas, il y a deux équipes : celle de l’aéroport et celle de la compagnie aérienne… C’est un non-sens : enlever et remettre vos chaussures et votre ceinture et sortir et rentrer votre ordinateur de son sac. Pour le refaire quelques centaines de mètres plus loin… C’est à Londres que les mesures de sécurité sont les plus drastiques. Dès que quelqu’un revêt un uniforme, il devient plus zélé…. »

Le plus expérimenté des voyageurs aériens estime que depuis l’avènement des sociétés low cost, les standards et la qualité des compagnies n’ont cessé de se détériorer. « Je pense que les personnes qui voyagent sur des compagnies à bas coûts ne voyagent sur aucune autres. Aujourd’hui le prix des vols est raisonnable. Mais, je pense que les low cost ont entraîné une baisse des standards. Même si elles embauchent leur personnel à des salaires similaires à ceux pratiqués par les compagnies traditionnelles, elles ne peuvent pas se permettent des rétributions réellement importantes avec l’expérience. A tous les niveaux, les coûts sont réduits. Ainsi low cost d’abord, traditionnelles ensuite ont diminuer leurs charges pour répondre à l’envolée du prix du kérosène, à l’augmentation des redevances aéroportuaires, etc. Les standards ont effectivement baissé… »

Pour rejoindre le point A au point B, Finn est aussi à l’aise sur l’eau que dans les airs : « J’adore voyager sur les océans. J’ai donné des conférences sur le Queen Elizabeth 2 sur le thème des voyages et des frottements cinétiques. Mais j’aime également voyager en train. Je l’ai beaucoup fait en Ukraine – où il passe le plus clair de son temps de terrien avec sa femme, native du pays – par exemple. »

Il aimerait également voyager un jour à bord du mythique Transibérien, mais il ne peut imaginer être coupé du monde pendant onze jours, soit la durée de ce voyage. Onze jours en dehors de sa vie, nous confie-t-il, c’est inimaginable ! Finn adore également conduire, surtout lorsqu’il s’agit de voitures très rapides, mais il refuse de monter sur une moto. « Je ne suis pas un donneur d’organe », clame-t-il.

Parmi tous les pays qu’il a visités, les plus beaux sont pour lui le Kenya, l’Ukraine, la Croatie, les États-Unis et les Seychelles. Par contre, Finn aimerait éviter de retourner un jour au Nigéria. Un pays qu’il estime être sa pire destination. Bien sûr, il y a toujours des endroits où il n’est pas allé. En premier lieu, il souhaiterait se rendre un jour en Antarctique.

Que ferait-il s’il ne pouvait plus du tout voyager ? Il nous répond « C’est une question très difficile. J’aime vivre en Europe, parce que je suis Européen. J’aime également vivre au gré des saisons. Les saisons sont très marquées en Europe. Je choisirais probablement de m’installer en Ukraine, où l’automne et le printemps sont très agréables. Je pourrais également m’installer en Espagne, autour de Gérone… »

Finn, qui a pratiquement tout vu sur Terre, a eu un jour la possibilité de faire un petit tour sur la Lune. Mais il nous affirme que ce n’est plus d’actualité aujourd’hui. « J’ai perdu énormément de miles après la faillite de la Pan Am. Richard Bronson m’a proposé de les « convertir » en quelque chose de plus excitant. Mais je ne pense pas que d’aller sur la Lune soit réaliste pour être honnête. Ce n’est certainement pas un voyage abordable, et une fois sur place, il n’y a pas grand chose à voir. La seule satisfaction serait de dire que vous y êtes allé… », nous a-t-il expliqué.

Finn est particulièrement enthousiaste à propos du concours proposé par My Destination.

« C’est fantastique ! C’est la récompense la plus importante jamais mise en jeu pour ce type de concours. C’est également une formidable opportunité. Pour moi, les voyages représentent la meilleure des éducations. Après ma rencontre avec les fondateurs du site et après avoir ressenti la passion qui les anime, je suis très fier et honoré de participer à cette aventure. Je recommande à tout le monde de participer à ce concours, qui peut changer potentiellement le cours d’une vie. »

Pour en savoir plus sur My Destination, sur le concours et le prix, laissez-vous guider par la bannière ci-dessous…

Biggest Baddest Bucket list