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Tunisie : échauffourées lors des funérailles de Chokri Belaïd

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Tunisie : échauffourées lors des funérailles de Chokri Belaïd

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En Tunisie, des centaines de personnes se sont rassemblées ce vendredi dans les environs de Tunis, pour assister aux funérailles de Chokri Belaïd.
La foule venue rendre un dernier hommage à ce leader de l’opposition s’est massée aux abords du cimetière où l’avocat va être inhumé dans l’après-midi.

À l’entrée du cimetière, de nombreuses personnes ont scandé des slogans tels que “le peuple veut la chute du régime”, dirigés contre les islamistes au pouvoir. Un important dispositif de sécurité a été déployé par les forces de l’ordre. La police a notamment fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des jeunes dégradant des véhicules se trouvant face au cimetière. Un bref mouvement de panique a été déclenché par cette intervention.

Chokri Belaïd a été abattu il y a deux jours devant son domicile. Ses proches accusent le parti islamiste au pouvoir Ennahda d‘être derrière cet assassinat. Ce meurtre a provoqué une vive émotion dans le pays.

En guise de protestation, les syndicats ont appelé à une grève générale ce vendredi. De fait, les rues de plusieurs grandes villes étaient désertes. Magasins fermés, usines à l’arrêt, universités bloquées, transports paralysés – tous les vols au départ et à destination de Tunis ont ainsi été annulés. Le pays n’avait plus connu de mobilisation de cette ampleur depuis la révolution il y a deux ans. Pour autant, ce mouvement est loin de faire l’unanimité.

“Cette grève ne va faire qu’aggraver les problèmes économiques du pays alors qu’on est déjà en crise, déplore un jeune homme. Je ne pense pas qu’en Europe ou en Amérique ou partout ailleurs dans le monde, quand un leader politique meurt, les gens font une grève”. Un peu plus loin, une habitante de Tunis ajoute qu’elle aussi est contre cette grève. “La ville est déserte, dit-elle, et cela donne l’opportunité aux voleurs, aux casseurs, d’attaquer les magasins ou de braquer les gens. Les gens sont presque tous restés chez eux, ils se sont enfermés à double tour”.

Les partis d’opposition ont appelé à des rassemblements pacifiques ce vendredi dans les grandes villes du pays. Pour éviter tout débordement, d’importants moyens policiers ont été déployés, notamment aux abords de l’avenue Bourguiba, dans le centre de Tunis.