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Elections en Italie : les PME d'Emilie-Romagne attendent un nouveau souffle

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Elections en Italie : les PME d'Emilie-Romagne attendent un nouveau souffle

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Epine dorsale de l‘économie italienne, les petites et moyennes entreprises italiennes ont le vague à l‘âme. Le prochain gouvernement devra s’engager dans la relance de ce secteur, si important pour le pays.

Pour mieux comprendre, nous sommes allés à Modène, où le tremblement de terre de mai dernier a aggravé une situation déjà difficile.

En mai 2012, un tremblement de terre secoue le nord de l’Italie. C’est l’une des zones les plus industrialisées de l’Emilie-Romagne qui est touchée. 27 morts, plus de 12 milliards d’euros de dégâts, un coup dur pour les petites et moyennes entreprises de la région, principalement implantées dans la province de Modène.

Luciano Galavotti dirige une petite usine de tournage. Ici sont produits des vérins hydrauliques pour de grandes entreprises italiennes. Le séisme a détruit l’entrepôt. Un autre est en construction, en attendant, il mène l’entreprise comme il peut.

La catastrophe s’est rajoutée à la crise, et ses clients ont du mal à payer :

«Avec le tremblement de terre, les paiements au mois sont encore plus difficiles à obtenir, les entreprises ont de moins en moins de liquidités….”

Le secteur de la mécanique et de l’automobile est l’un des fleurons de la région, il est structuré autour d’un réseau très dense de petites et moyennes entreprises axées sur l’innovation.

Margherita Russo enseigne la politique économique à l’Université de Modène et Regio Emilia, elle s’occupe de l’Officina Emilia, un musée-laboratoire sur l’industrie de la région :

«La particularité de cette structure de production, c’est sans doute sa capacité de répondre à des besoins très spécifiques, dans n’importe quel domaine, de la haute couture aux machines d’emballage, de l’automobile à l‘équipement du système de santé”.

Bellco est leader dans la production de machines de dialyse rénale et autre équipements
hospitaliers.

Si Ferrari, Ducati, Lamborghini ont fait la gloire de la région, le secteur biomédical y est important aussi. Mirandola est le premier lieu de production d’Europe. La “Plastic Valley” comme on l’appelle concentre une centaine d’entreprises. Chiffre d’affaires annuel : 800 millions d’euros.

Moins touché que d’autres par la crise, le secteur souffre aussi:

Antonio Leone, président de Bellco:

«Le premier problème, c’est les réglements du secteur public. On a atteint un seuil insupportable. Nous avons été réglés par le gouvernement espagnol qui est probablement dans une situation bien plus difficile que nous, mais nous n’avons reçu qu’une petite partie de ce que nous doit le secteur public italien. Les petites et moyennes entreprises qui sont l’essentiel de cette région ont de gros problèmes, à la fois pour financer leur reconstruction, réparer les dégats, et recouvrer des impayés remontant à… 300 voire 500 jours ».

Parfois, les retards de paiement peuvent aller jusqu‘à 3 ans…

En 2012, des centaines de sociétés ont dû mettre la clé sous la porte. Et les effets du séisme pourrait gonfler douloureusement la note, ce que craint ce syndicaliste:

VANNI Ficcarelli CGIL:

“Nous appelons les entreprises à être responsables et à garder leur entreprise en activité, nous avons des indices selon lesquels beaucoup d’entre elles pas l’intention de ne pas reprendre. Cela ne ferait qu’aggraver la situation”.

Ces meules de parmesan sur le sol, une image marquante du séisme de 2012. Le Parmigiano-reggiano, c’est l’une des fiertés de la région, comme le vinaigre balsamique et le jambon de parme. Ce jour-là, des mois de travail et de savoir faire étaient anéantis.

19 caves d’affinage touchées, 600.000 meules endommagées, des dégâts estimés à 100 millions d’euros.

«Je venais juste de sortir de ce couloir, j’ai levé les yeux et j’ai vu les meules qui commençaient à tomber. Au bout de 20 jours, la fromagerie a eu le feu vert pour relancer la production. Quand j’ai appris qu’ils avaient recommencé à travailler, je me suis dit : c’est bon signe “. Le 29 mai, Fausto Gobbini travaillait comme d’habitude à la coopérative Razionale Novese. 80.000 meules ont été dététoriées.

Il a fallu relancer la machine, restaurer le cycle de production, tout le monde s’est serré les coudes pour sauver ce monument du patrimoine national : la filière a lancé une chaine de solidarité pour vendre le fromage en ligne et dans les supermarchés…

GERMANO TOSI, président de la Cooperative Razionale Novese:
«Nous étions vraiment inquiets, on ne savait comment rebondir après ça, notre production était vraiment touchée. Nous avons tout de suite demandé de l’aide. Les banques étaient partantes, et puis il y a eu des problèmes. On voulait vraiment s’en sortir, alors les gens ont fait preuve de solidarité”.

Aujourd’hui les conséquences du séisme continuent de se faire sentir en Emilie-Romagne. 10.000 entreprises à l’arrêt, des dommages considérables,
des chômeurs en hausse.

Mais la chaîne de solidarité du parmesan a su dégager un chiffre d’affaires d’environ 1 million d’euros après le séisme. Et la région y voit le symbole de sa capacité à se redresser, et aller de l’avant.