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Les dérapages du marché de l'emploi en Italie


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Les dérapages du marché de l'emploi en Italie

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Dans le sud de l’Italie, comme ailleurs, les jeunes ont de plus en plus de mal à accéder au marché du travail. Même les diplômés finissent bien souvent sans emploi. Le gouvernement qui sortira des urnes lors des toutes prochaines élections générales, peu importe sa couleur politique, devra redoubler d’efforts pour offrir des perspectives d’avenir aux moins de 25 ans. Si pendant longtemps, à l‘échelle du pays, le taux de chômage les concernant a oscillé entre 20 et 25% – un niveau bien supérieur aux 10% des Pays-Bas par exemple -, il atteint aujourd’hui, 37%.

Tandis que les uns partent vers le nord pour tenter leur chance, d’autres restent sur place et se tournent inexorablement vers l’Agence pour l’emploi. Chaque matin, à l’ouverture de celle de Bari, c’est la même cohue car les offres sont très rares. De nombreuses entreprises de la région prennent des mesures de chômage technique ou mettent la clé sous la porte et les jeunes subissent les premiers, la crise du secteur du textile et du meuble, activités traditionnelles dans cette région des Pouilles.

Le travail au noir peut représenter une solution, mais c’est prendre le risque de se faire licencier sur le champ, voire de ne pas être payé, sans parler de l’absence de couverture sociale. “Avant, je travaillais au noir dans une entreprise de distribution de dépliants publicitaires, je n’avais pas d’autre option,” raconte Davide, un demandeur d’emploi de 28 ans, “ils ne payaient jamais à la fin du mois, mais toujours plusieurs mois plus tard et s’ils payaient,” ajoute-t-il, “ils ne donnaient jamais ce qui était prévu, mais toujours une somme inférieure : c‘était très dur.”

Comment expliquer l’essor du travail au noir ? D’après Ida Ziccolella de l’Agence pour l’emploi de Bari, le système italien de “caisse intégration” alimente le phénomène. Lorsque les salariés se retrouvent au chômage technique, ils touchent une partie de leur rémunération et des allocations, mais ils sont tentés d’arrondir leurs fins de mois grâce à une activité non déclarée. Ida Zicolella affirme que certains profitent durant de nombreuses années, de ce système de chômage technique, mais aussi du dispositif italien d’aide au retour à l’emploi qui prévoit pendant une période donnée, le versement d’allocations aux salariés en CDI qui sont licenciés dans certains secteurs.

Mais il n’y a pas que les employés qui commettent des abus, parfois, les patrons sont également fautifs comme l’affirme Vito Belladonna, spécialiste du travail au noir. D’après lui, le phénomène représenterait 40% du marché du travail dans la région. Certains employeurs n’hésiteraient pas à licencier leurs employés pour les refaire travailler au noir au sein de la même entreprise.

Du côté des employeurs, on pointe du doigt l’inadéquation des filières éducatives avec les attentes des entreprises en matière de compétences requises, mais aussi le coût du travail en Italie, jugé trop élevé.

Pour écouter l’interview intégrale, en italien d’Ida Ziccolella de l’Agence pour l’emploi de Bari, vous pouvez cliquer sur ce lien :
Bonus intervista: Ida Ziccolella

Retrouvez ici l’interview en italien de Vito Belladonna, spécialiste du travail au noir, dans son intégralité :
Bonus intervista: Vito Belladonna

Vito Pertosa, président de Mermec Group, parle innovation dans les entreprises du sud de l’Italie et évoque les pistes pour remettre sur les rails, le marché du travail italien (en italien) :
Bonus intervista: Vito Pertosa

Le créateur de l’entreprise Black Shape, Angelo Petrosillo livre son point de vue sur la situation économique et le marché du travail dans le sud de l’Italie (en italien) :
Bonus intervista: Angelo Petrosillo

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