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Sri Lanka : un journaliste d’investigation blessé par balle


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Sri Lanka : un journaliste d’investigation blessé par balle

Le journaliste d’investigation sri-lankais Faraz Shaukatally était au téléphone, discutant de son article à paraître dans le Sunday Leader, lorsque plusieurs hommes armés non identifiés sont entrés dans la pension où il séjournait, ont forcé la porte de sa chambre et ouvert le feu sur lui. Après avoir entendu des cris provenant de sa chambre, un groupe de touristes qui logeaient également dans cette pension ont conduit le journaliste à l’hôpital le plus proche. Grièvement blessé, l’homme de 52 ans a été admis aux soins intensifs de l’Hôpital national de Colombo où il subit une batterie de tests médicaux.

C’est sur le site internet du journal que le Sunday Leader raconte cette histoire qui s’est déroulée tard dans la nuit de vendredi à samedi. D’après l’article, des témoins oculaires auraient vu trois hommes s’enfuir en courant de la chambre du journaliste après l’attaque.

Des menaces répétées envers l’opposition

La Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a condamné cette “tentative d’assassinat” contre Faraz Shaukatally et demandé à ce qu’il soit immédiatement placé sous protection policière.

Fondé en 1994, le Sunday Leader, pour lequel travaille la victime, est un journal d’opposition connu pour ses Unes controversées. Cette agression n’est pas la première que connaissent les journalistes de cet hebdomadaire. Plusieurs des confrères de Faraz Shaukatally ont déjà été attaqués. Lasantha Wickrematunge, rédacteur en chef fondateur du Sunday Leader, a subit, à lui seul, pas moins de quatre agressions, dont la dernière s’est avérée fatale. Le 8 janvier 2009, il est retrouvé mort à Colombo, trois jours avant la publication de son dernier édito dans lequel il prédisait son propre assassinat, accusant le gouvernement de chercher à le tuer. Aucune arrestation n’a encore eu lieu pour toutes ces attaques perpétrées contre des journalistes du Sunday Leader.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Alistair Burt, a immédiatement réagi après avoir appris l’agression de Faraz Shaukatally qui possède la double nationalité. Il s’étonne de l’indifférence de la justice : “Les autorités sri-lankaises se doivent d’identifier rapidement les auteurs de ce crime pour les amener face à la justice. Ces dernières années, plusieurs attaques sur des opposants ou des journalistes sri-lankais ont été constatées. Pourtant, jusqu’à aujourd’hui, beaucoup de ces affaires n’ont pas été résolues et ont fait l’objet d’enquêtes très succintes.”

Les soupçons de crimes de guerre refont surface

Depuis la répression du séparatisme tamoul par l’armée en mai 2009, la violence politique a diminué au Sri Lanka. Mais ces agressions répétées envers des journalistes et des opposants au gouvernement inquiètent et font régulièrement ressurgir les soupçons de crimes de guerre perpétrés durant cet assaut final de 2009.

L’Etat de droit sri-lankais avait fait l’objet de vives critiques à ce sujet au lendemain de l’offensive. Celle-ci avait été particulièrement sanglante avec environ 40 000 morts et plusieurs dizaines de milliers de disparus, dont des civils tamouls. Le gouvernement ayant refusé toute aide humanitaire, l’ONU avait estimé que des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité avaient été commis durant les dernières semaines du conflit.

Si le président sri-lankais Mahinda Rajapaksa et son gouvernement rejettent toute accusation de crimes organisés durant l’assaut final de 2009, la Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme appelle à nouveau les autorités du pays à accepter la venue d’experts internationaux pour aider à résoudre ces affaires de crimes de guerre présumés.

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