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La Douma réclame au Congrès américain le retour en Russie d'un enfant adopté

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La Douma réclame au Congrès américain le retour en Russie d'un enfant adopté

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436 députés ont adopté ce vendredi un texte qui appelle le Congrès américain à renvoyer en Russie un enfant de deux ans d’origine russe adopté par un couple texan et dont le frère, Maxime, également adopté, est mort en janvier. Une campagne bat son plein dans le pays. Le Parquet de la région de Pskov d’où sont originaires les enfants a demandé l’annulation de la décision d’adoption. Une députée du parti au pouvoir a déclaré qu’elle soupçonnait les autorités américaines de cacher les vraies raisons du décès du petit Maxime. L’affaire est liée à de vives tensions russo-américaines.
La Russie a interdit par une loi les adoptions d’enfants russes par les Américains à partir de 2013. Cette loi se veut une réponse à la “liste Magnitski”, une loi américaine sanctionnant des responsables russes impliqués dans la mort en prison en 2009 de l’avocat Sergueï Magnitski. Cette interdiction, une des mesures les plus hostiles envers les Etats-Unis depuis la guerre froide, a été vivement critiquée par de nombreuses ONG russes et internationales

Depuis vingt ans, ce sont 60.000 enfants russes qui ont été adoptés par des familles américaines, des familles qui ont dû débourser au minimum 23.000 euros par enfant.

Elena, une jeune américaine de 11 ans, a été adoptée à l‘âge de deux ans en Russie. Elle réside aujourd’hui dans le Maryland. Celia Peacock, sa mère adoptive, se rappelle de leur première rencontre: “Je me suis baissée et je l’ai regardée, puis elle m’a regardée, et ça a été le coup de foudre. Mon coeur a explosé, vraiment. C’est ma fille, j’ai simplement dû faire un demi-tour du monde pour aller la chercher.”

Jusqu‘à l‘âge de deux ans, Elena vivait dans un orphelinat à Moscou, où elle était sous-alimentée et très maigre. Pour le président du Conseil national pour l’adoption, Chuck Johnson, les orphelins ont besoin d’une famille : “Les études sont très claires: un mois dans un orphelinat a des répercussions énormes sur le développement de l’enfant, notamment sur la taille du cerveau. Les enfants ont donc besoin d’un cadre familial”.

Mais pour les parents américains qui veulent adopter en Russie, c’est loin d‘être évident, car la loi russe est très restictive. Mark Eckman, de l’agence d’adoption Datz Foundation, explique cet aspect juridique: “La réglemention russe exige qu’il y ait une raison médicale pour que l’enfant soit placé hors des frontières du pays, donc techniquement, un enfant en pleine santé ne peut pas être adopté par des étrangers. Et les familles qui ont adopté le savaient pertinement, elles y sont allés en sachant que l’enfant aurait des problèmes médicaux.”

Stefan Grobe, le correspondant d’Euronews à Washington, décrit la réaction des Américains: “L’hostilité qui règne en Russie contre les Etats-Unis a stupéfait les Américains. Après tout, les adoptions sont chères et la Russie a profité de ces revenus. Ici, on pense que les grands perdants dans cette affaire sont les enfants, qui ne trouveront plus de foyer américain.”

Avec AFP, Reuters et notre correspondant à Washington