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Hugo Chavez : le socialisme du XXIème siècle


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Hugo Chavez : le socialisme du XXIème siècle

Fils d’enseignants, issu d’une famille modeste, Hugo Chavez, né en 1954 suit des études à l’Académie militaire du Vénézuela avant d’intégrer l’université Simon Bolivar de Caracas. Rien ne ledestine alors à la politique. Il rêve d‘être champion de baseball.

Pourtant en 1992, à la tête du mouvement pour la révolution bolivarienne qu’il a créé, il tente un coup d’Etat contre le président Pérez.Sans succès.
Il passera deux ans en prison mais déclare : “Je m’incline… pour l’instant”, petite phrase qui le rendra célèbre.

A sa libération en 1994, il mesure l‘étendue de sa popularité et fonde un parti politique, le mouvement “Cinquième République”, une version civile de son action révolutionnaire,avec laquelle il se présente aux élections en 1998.

Son slogan le présente ainsi: “fléau de l’oligarchie et héros des pauvres”. Défenseur des plus démunis, prêt à mettre fin à la corruption qui ronge son pays. Il remporte largement les élections et prête serment sur une constitution qu’il qualifie de“moribonde”

Après un référendum où il obtient 92%en faveur du“oui”, il fonde une nouvelle assemblée constituante l’année suivante. Objectif:Rédiger une nouvelle Constitution pour remplacer celle de 1961.

En 2000, il est réélu à le tête du pays qui s’appelle désormais “République bolivarienne du Vénézuéla”. Mais dans le foulée des attentats du 11 septembre 2001, les cours du brut s’effondrent provoquant une crise économique.

Dans ce pays troisième exportateur mondial, les mesures du gouvernement, notamment la réforme agraire, la prise en main du secteur pétrolier et la saisie de terrains côtiers, irritent une partie de la population. L’opposition et le patronat déclenchent des grèves, un climat de tension qui culmine en 2002 avec un coup d’Etat contre Chavez.

Séquestré une journée, il est finalement libéré par ses partisans et revient plus flamboyant que jamais.

Le pétrole, c’est l’arme lourde du Vénézuela. L’arme diplomatique dont il use à son gré pour devenir un acteur de premier plan au niveau international.

Mais c’est aussi grâce au brut qu’il finance ses programmes sociaux. Et c’est sans doute dans ce domaine que la révolution bolivarienne est la plus flagrante. Elle a permis à des milliers de vénézuéliens d’aller à l‘école, de se nourrir, de se faire soigner. Le taux de pauvreté a diminué considérablement, même si les inégalités demeurent et si l‘économie en général reste fragile, car entièrement fondée sur le pétrole.

Sur le plan international, ses amitiés particulières sont grandement influencées par un leit motiv commun: l’anti-américanisme. Que ce soit avec Ahmadinejad, avec qui il conclue des accords économiques et diplomatiques dans le but de “construire un axe du Bien” destiné à faire contrepoids à “l’impérialisme américain”,avec Khadafi ou bien avec celui qu’il considère comme son “père politique”, Fidel Castro.

Militant pour l’auto-suffisance du continent sud américain, à chaque sommet de l’UNASUR, Chavez relance son idée de projets de développement communs, la création d’une “Banque du Sud” capable d’appuyer ces initiatives et de s’affranchir de la tutelle du FMI et de la banque mondiale, et la création d’une monnaie unique pour garantir la stabilité économique de la région.

A l‘étranger, son image de “grande gueule” qu’il cultive irrite jusqu’aux plus hauts postes, en témoigne cet incident en 2007 lorsque le roi d’Espagne lui demande de se taire.

S’il est le père des pauvres, Chavez aime aussi être sous les feux de la rampe. Populaire ou populiste? Ses détracteurs l’accusent de dérive autoritaire, mais le régime reste démocratique même si le personnage occupe beaucoup d’espace…

Charismatique, héritier autoproclamé du “libertador” Simon Bolívar, Hugo Chavez, l’opposant de“L’Empire” comme il appelait les Etats-Unis, renforce son aura en luttant contre le cancer.La maladie, qu’il tente de soigner à Cuba, s’est déclarée en 2011.

Elle ne l’empêchera pas de se présenter aux élections pour la quatrième fois en2012, comme l’y autorise désormais la constitution revue par référendum en 2009, après un premier échec en 2007.

Pari gagné, le 7 octobre 2012, Hugo Chávez reste au palais présidentiel de Miraflores après 14 ans au pouvoir au Vénézuela.

Mais le 8 décembre, un mois avant le début de son quatrième mandat,le président Chavez annonce une nouvelle récidive de son cancer, dont la nature n’a pas été révélée. Pour la quatrième fois, il doit se faire opérer à Cuba.

Auparavant, il prend soin de régler définitivement la question de sa succession en investissant comme son dauphin, Nicolás Maduro nommé pour l’occasion, vice-président. Jusqu’au dernier moment,Hugo Chavez n’aura de cesse d’assurer la survie de sa “Révolution Bolivarienne”. C’est pour cela qu’il demandera à son gouvernement,à son parti et à l’armée fidélité fidélité envers son successeur, Nicolas Maduro.

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