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La lente reconstruction du Japon deux ans après le tsunami


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La lente reconstruction du Japon deux ans après le tsunami

Le 11 mars 2011, un puissant séisme d’une magnitude de 9 sur l‘échelle de Richter frappait le Japon, entraînant un violent tsunami. Dans un dramatique enchaînement, ce raz-de-marée a été l‘élément déclencheur de la catastrophe nucléaire de Fukushima, une des pires de l’histoire. A ce jour, le bilan humain est de plus de 15 000 morts et 3 000 disparus.

Ce lundi, la vie s’est figée dans de nombreuses localités frappées pour une minute de silence à l’heure exacte du déferlement de la vague géante. Parmi celles-ci, la ville martyre d’Ishinomaki a payé un lourd tribut : 4 000 morts, dont plus de 70 élèves de l‘école primaire d’Okawa, emportés par les flots au moment où ils tentaient de se réfugier sur les hauteurs.
Les sirènes ont sonné pour marquer ce triste anniversaire dans cette localité côtière balayée par un vent glacial en ce 11 mars 2013. Des telles cérémonies ont eu lieu sur toute la côte ravagée et dans l’ensemble du pays.

Il y a deux ans, une vague gigantesque dépassant 20 mètres de haut s’est abattue sur le littoral de la région du Tohoku (nord-est), emportant toute vie sur son passage, détruisant ports, maisons, écoles et usines et entraînant un accident nucléaire majeur à Fukushima : “Soudain, nous nous sommes retrouvées au milieu d’une mer noire… Quand j’ai vu ma mère à la morgue quelques jours plus tard, j’ai compris que c‘était la réalité,” a témoigné lors de la cérémonie nationale à Tokyo une lycéenne, Rin Yamane.

Aujourd’hui encore, des plongeurs continuent de rechercher des corps au large d’Ishinomaki, dans des fonds marins encombrés de monceaux de détritus. La police de la préfecture sinistrée de Miyagi ne désespère pas de retrouver encore des corps de disparus, sans lesquels les familles ont du mal à faire leur deuil. Sur le littoral, les travaux de reconstruction se poursuivent aussi. Un travail énorme a été fait pour déblayer les débris, regoudronner les routes et rebâtir les infrastructures vitales. Mais plus de 315 000 personnes habitent toujours dans des logements provisoires.

Depuis la catastrophe, la reconstruction n’avance pas aussi rapidement que les autorités et, que – surtout – les sinistrés le souhaiteraient.

Certaines zones restent inhabitables et certains littoraux sont encore couverts de montagnes de détritus. “Nous allons accélérer les chantiers”, a promis le chef du gouvernement. Depuis son retour à la tête du pays, après un premier mandat en 2006-2007, Shinzo Abe a promis en effet des budgets importants pour les travaux de reconstruction dans le nord-est. Il a également promis des aides aux habitants et entrepreneurs de la région.

La situation apparaît comme stabilisée à la centrale nucléaire Fukushima Daiichi (220 km au nord-est de Tokyo), où quatre des six réacteurs ont été touchés par le tsunami. Mais plus de 40 ans seront nécessaires pour démanteler les installations ravagées par les flots. La population, elle, s’inquiète des effets de la radioactivité sur la santé, malgré les études rassurantes fournies par les autorités.

L’association de défense de l’environnement Greenpeace a accusé ce lundi le pouvoir japonais de ne pas soutenir suffisamment les réfugiés qui ont quitté la région à cause des radiations. “Les familles et les communautés se brisent, certaines sont ruinées, les divorces et les troubles mentaux augmentent”, a souligné l’ONG, en écho aux inquiétudes de médecins sur place.

Des manifestations ont eu lieu ce week-end au Japon pour exiger l’abandon de l‘énergie nucléaire. Le gouvernement, lui, veut relancer les réacteurs jugés sûrs après de nouveaux tests de sécurité. Seules deux des cinquante unités du pays sont actuellement exploitées.

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