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Un nouveau vaccin expérimental contre le tuberculose

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Un nouveau vaccin expérimental contre le tuberculose

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Dans un hôpital du Nord de l’Espagne, une vieille maladie oubliée fait de nouveau beaucoup parler d’elle. C’est la tuberculose, à l’origine de grandes souffrance pour ceux qui en sont victimes.

Alfredo Cabaleiro Besada, un ancien patient atteint de la tuberculose, témoigne: “Après que l’on m’a diagnostiqué une tuberculose, j’avais deux options: la première, c‘était un long séjour dans une chambre d’hôpital, sans que personne ne puisse me rendre visite sans porter un masque spécial. La seconde, c‘était de rester isolé chez moi et venir ici à l’hôpital tous les jours pour le traitement: à savoir une injection quotidienne et 22 pillules, à prendre en présence d’une infirmière. J’ai opté pour cette seconde option. Quand je devais sortir, à la boulangerie par exemple, je devais toujours porter un masque.”

Après deux années de souffrance, Alfredo a fini par vaincre la tuberculose. Cette maladie tue encore un million et demi de personnes par an dans la monde, alors que 100.000 nouveaux cas sont détectés chaque année en Europe.

Rafael Vázquez, pneumologue à l’hôpital Nicolás Peña, présente les conséquences de cette maladie. “Au fil du temps, la maladie provoque des petits trous dans les poumons, qui prennent rapidement l’aspect d’un gruyère. Une fois que le bacille de la tuberculose a colonisé les poumons, il voyage avec le sang pour affecter d’autres organes: le cerveau, les os… Tous les organes humains qui sont irrigués par le sang”.

Dans un laboratoire biopharmaceutique proche de l’hôpital, des scientifiques impliqués dans un projet de recherche européen tentent de progresser sur le terrain de cette maladie extrêmement complexe. Comme l’explique Carlos Martín, microbiologiste à l’Université de Saragosse, c’est un challenge immense et un travail de longue haleine. “Quand j‘étais étudiant en médecine, au début des années 80, l’Organisation Mondiale de la Santé parlait d’une éradication de la maladie d’ici l’année 2000. Aujourd’hui, les experts évoquent plutôt l’horizon 2050. Mais cette éradication ne sera possible que si nous accédons plus rapidement aux instrument de diagnostic, à de nouveaux vaccins et à des traitements plus efficaces pour combattre les nouvelles souches très résistantes de cette maladie.”

Le premier résultat de ce projet, c’est un nouveau vaccin expérimental, produit ici. Contrairement au seul vaccin qui existait jusqu‘à présent, vieux de cent ans, celui-ci, toujours au stade expérimental, est basé sur un échantillon de la bactérie à l’origine de la maladie, en quantité très réduite. Les chercheurs espèrent que ce vaccin sera plus sûr et plus efficace. Mais pour eux, sa fabrication est un défi immense. María Eugenia Puentes, pharmacologue et responsable de l’innovation et du développement chez Biofabri, précise quelles sont les difficultés qu’ils rencontrent: “La culture de microbactéries vivantes à une échelle industrielle est complexe. Nous parlons ici d’un micro-organisme qui se développe extrêmement lentement. Il faut attendre un à deux mois avant que ces microbactéries puissent être traitées. Et il s’agit d’un vaccin composé de matière vivante. Pour qu’il soit vraiment efficace, nous devons assurer sa viabilité et sa stabilité tout au long du processus de fabrication.”

C’est à Lausanne, en Suisse, que la première phase des essais cliniques du vaccin expérimental avec de vrais volontaires a commencé. Avec cette première étape, les docteurs et les chercheurs veulent évaluer la dangerosité du vaccin, et avoir une idée de son efficacité pour stimuler les molécules ainsi que pour protéger le corps humain contre la maladie. Sous réserve que ce vaccin passe avec succès les trois essais cliniques nécessaires à sa validation scientifique, sa production industrielle pourra débuter selon les chercheurs d’ici une dizaine d’années, au plus tôt.

www.tbvi.eu/projects/newtbvac