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France : après la viande de cheval, du mouton prohibé retrouvé chez Spanghero


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France : après la viande de cheval, du mouton prohibé retrouvé chez Spanghero

L’entreprise française agroalimentaire Spanghero est de nouveau au centre d’une affaire de fraude à la consommation. Selon des informations révélées par RTL, des inspecteurs des services sanitaires et à la répression des fraudes ont découvert, dans le cadre des investigations menées dans l’entreprise après le scandale de la viande de cheval, 57 tonnes de viande de mouton prohibée d’origine britannique.

Mais à la différence de la viande de cheval, les autorités laissent entendre que, cette fois, c’est Spanghero qui pourrait bien avoir été trompée. En effet, le mouton prohibé a été livré à Spanghero par Draap Trading, propriété appartenant au négociant néerlandais Jan Fasen, déjà incriminé dans le scandale de la viande de cheval, a dit à l’AFP le ministère de l’Agriculture. Il a été facturé comme de “l’agneau haché” avec l‘étiquette “viande dénervée d’agneau”, une mention taisant le fait qu’il s’agit de viande découpée avec une technique interdite dans l’Union européenne et consistant à racler l’os.

Les services vétérinaires et la répression des fraudes ont trouvé la viande lors des inspections qu’ils ont menées chez Spanghero en février quand l’entreprise s’est retrouvée au coeur du scandale de la viande de cheval, ont indiqué à l’AFP le procureur de Carcassonne Antoine Leroy et le ministre délégué à l’Agroalimentaire, Guillaume Garot.

Cette viande dont on ignore pour l’instant la provenance exacte en Grande-Bretagne et qui servait à fabriquer des merguez ou de la charcuterie n’avait rien à faire dans les ateliers de transformation de Spanghero.

En effet, depuis 2001 et le scandale de la vache folle, il est interdit par mesure de précaution de séparer mécaniquement dans l’Union européenne la viande sur des petits ruminants. Car des éclats d’os et de moelle porteurs éventuellement d’infections peuvent se retrouver dans la viande.

Par précaution, les autorités ont ordonné le rappel de tous les produits pouvant avoir été fabriqués à partir de cette viande, a indiqué le ministre délégué à l’agroalimentaire.
Les éléments recueillis ont été transmis à la justice, qui mène l’enquête sur le scandale de la viande de cheval. Spanghero a en effet été accusée ouvertement par le gouvernement d’avoir joué un rôle capital dans cette affaire qui a jeté une lumière défavorable sur l’industrie agroalimentaire et ses circuits d’approvisionnement.

Spanghero savait et a trompé ses clients en revendant sciemment de la viande de cheval pour de la viande de boeuf retrouvée dans des plats préparés pour de grandes marques comme Findus ou de grands distributeurs, a dit le gouvernement.

Spanghero, entreprise de 300 salariés rachetée à la fameuse famille de joueurs de rugby par la coopérative basque Lur Berri, se défend de toute tromperie. Les autorités ont retiré à Spanghero son agrément pour le négoce de viande à proprement parler. Cette fois cependant, l’affaire ne concerne pas l’activité de négoce, qui représentait une part infime du chiffre d’affaires et à laquelle Spanghero a depuis renoncé, mais les activités de transformation.

L’information révélée par RTL a de nouveau frappé de plein fouet un personnel qui, durement éprouvé, a appris la nouvelle par la radio. “On a redémarré la production, mais vraiment au ralenti”, a dit à l’AFP Claude Hill, délégué CFDT. Les employés sont pour la plupart au chômage partiel ou en formation, “ils attendent le coup de fil qui leur dira quand ils vont bosser. La galère !”, dit-il.

Le parquet de Carcassonne devait se dessaisir de manière imminente en faveur du pôle de santé publique du parquet de Paris qui centralise les investigations.

Le procès-verbal de découverte de la viande de mouton, dressé pour “introduction sur le territoire d’animaux vivants, produits ou sous-produits ou aliments non conformes aux conditions sanitaires et tromperie”, va être intégré à l’enquête préliminaire en cours, a-t-on appris de source judiciaire.

Pendant ce temps, les enquêteurs continuent à analyser la masse d’informations accumulées lors des perquisitions menées chez Spanghero, a-t-on appris de source proche des investigations.

AFP

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