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Risques des pilules de 3ème et 4ème génération : les chiffres

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Risques des pilules de 3ème et 4ème génération : les chiffres

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L’agence du médicament (ANSM) a confirmé mardi que la pilule contraceptive provoque 2 529 accidents thrombo-emboliques veineux chaque année en France parmi ses 4 millions d’utilisatrices. Vingt de ces accidents entraînent un décès.

Le risque est accru avec les pilules de 3ème et 4ème génération. Ces dernières sont responsables de 1 751 des 2 529 accidents thromboemboliques veineux et causent quatorze des vingt décès constatés.

L’Agence estime que si les pilules de 3ème et 4ème génération n‘étaient plus prescrites, il y aurait chaque année en France neuf décès et 1 167 accidents veineux de moins.

Suite à l’alerte lancée en janvier dernier sur ces pilules, l’ANSM a initié une étude épidémiologique qui réexamine des données déjà disponibles concernant les accidents thromboemboliques veineux chez les femmes de 15 à 49 ans entre 2000 et 2011 afin de connaître la part imputable à la prise d’un contraceptif oral.

Ce rapport confirme des informations déjà connues depuis des années et publiées à de multiples reprises de par le monde. La majoration du risque par les pilules de de 3ème et 4ème génération est, lui, connu depuis les années 1990 au moins. L’ANSM avait elle-même publié une lettre mettant en garde les professionnels de la santé en 2001.

Après un premier dépôt de plainte par Marion Marat et son avocat Philippe Courtois contre le laboratoire Bayer et sa pilule Méliane en décembre dernier, pouvoirs publics et professionnels s’étaient alors penchés sérieusement sur la question.

Cette plainte avait entraîné des décisions en cascade qui peinaient à être prises depuis des années : le déremboursement des pilules de 3ème et 4ème génération a été planifié pour la fin du mois (le 31 mars) ; Diane 35, un traitement contre l’acné utilisé à tort comme contraceptif, a été suspendue à compter du 21 mai et la France a demandé à l’Agence européenne du médicament (EMA), elle aussi au courant depuis 1995, de revoir ses recommandations concernant les pilules de 3ème et 4ème génération. Les médecins ont aussi été rappelés à l’ordre par les pouvoirs publics et leurs organes représentatifs concernant les abus de prescriptions en première intention des pilules de 3ème et 4ème génération.

Quatre-vingts plaintes ont été enregistrées à ce jour au pôle santé de Paris visant 16 pilules – de 3ème et 4ème génération et Diane 35 – et cinq laboratoires pharmaceutiques, a-t-on aussi appris mardi de source judiciaire.

Selon Philippe Courtois, le chiffre des accidents est « sous-évalué ». Un avis partagé notamment par la députée européenne Michèle Rivasi d’Europe-Ecologie Les Verts qui estime que les décès évoqués par l’ANSM ne représentent que “le sommet de l’iceberg d’un scandale à venir” en Europe.

Chute des ventes

Les alertes officielles, et probablement les nombreux articles et témoignages publiés en janvier dernier, ont eu un effet rapide et important sur les ventes de pilules et les comportements ; c’est ce qui ressort du suivi que l’ANSM a mené en parallèle de son étude sur les risques (et dont sont exclus les préservatifs).

Les ventes de pilules de 3ème et 4ème génération ont chuté de 34% en février, tandis que celles de 1ère et 2ème génération ont grimpé de 27% par rapport à février 2012. Diane 35, qui sera officiellement retirée du marché le 21 mai, a même vu ses ventes s’écrouler de 62%.

Que ce soit suite aux interrogations des patientes ou du propre chef des médecins, les prescriptions ont donc été clairement réorientées vers les pilules de 1ère et 2ème génération.
Les autres moyens de contraception ont été impactés. Concernés aussi par le sur-risque, les autres moyens hormonaux (anneaux et patchs) ont vu leur vente diminuer de 8%. Par contre, les ventes d’autres moyens contraceptifs (stérilets, implants sans œstrogène) ont augmenté de 44% en février 2013 par rapport à février 2012.