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Mitrovica : pour quand la réunification ?

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Mitrovica : pour quand la réunification ?

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Mitrovica, la ville divisée, symbole du conflit ethnique entre Serbes et albano-Kosovars. A la veille de la reprise des négociations entre la Serbie et le Kosovo à Bruxelles, rien, dans la partie nord de la ville, ne laisse présager une réunification. Ses habitants, à majorité serbes, refusent catégoriquement la souveraineté du Kosovo, acquise avec la proclamation de son indépendance en février 2008.

“Ce sera toujours serbe ici et nous n’irons nulle part. Je me fiche de leur accord, nous survivrons ici !” s’insurge Gordana Djokovic, résidente serbe de Mitrovica.

Belgrade revendique une autonomie renforcée pour les quelques 50.000 Serbes du Kosovo avec un exécutif, une police et une justice autonomes.

Un point non négociable pour Milan Ivanovic, président du Conseil National Serbe.

“S’ils nous imposent leur solution, nous formerons un groupe de municipalités serbes rattachées à Belgrade et nous l’ouvrirons à toutes les municipalités serbes au sud de la rivière Ibar,” prévient-il.

Les Serbes proposent d’institutionaliser l’association des municipalités serbes du Kosovo. Elle regrouperait dix communes à majorité serbe, quatre dans le nord, six dans le reste du Kosovo.

Samedi, 2.000 albano-Kosovars ont manifesté à Mitrovica contre l’octroi éventuel d’une autonomie aux Serbes du Kosovo. Pour eux, une telle solution ouvrirait la voie à une annexion de facto du nord du Kosovo par Belgrade.

La veille, le premier ministre du Kosovo, Hashim Thaci, était venu rassurer les albano-Kosovar installés dans les quartiers nord de Mitrovica, la famille d’Ali Kadrija.

“L’association des municipalités serbes pourrait être créée après les élections locales, après l‘élection des maires qui pourront décider d’en faire partie. Mais elle n’aura aucun mandat législatif, exécutif ou juridique,” leur a-t-il promis.

Quoi qu’il arrive, Ali Kadrij n’a pas l’intention de quitter son quartier.

“Je ne peux pas prédire ce qu’il va se passer, je ne suis pas un politicien. Mais une chose est sure : je ne quitterai jamais cet endroit. Ce qui doit arriver arrivera, mais je ne partirai pas,” dit-il.

Pour inciter les deux camps à s’entendre, l’Union européenne use de la politique de la carotte. En cas d’accord, Belgrade obtiendra l’ouverture de négociations d’adhésion en juin. Le Kosovo lui, sera invité à franchir une nouvelle étape dans son rapprochement de Bruxelles.