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Les banquiers européens dans la ligne de mire de l'Union


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Les banquiers européens dans la ligne de mire de l'Union

Après la crise financière, nombreux sont ceux qui mettent en cause les traders touchant des rémunérations astronomiques. Les responsables politiques européens ont finalement décidé de s’attaquer à ces millions d’euros versés à ces champions de la Bourse en plafonnant ces bonus jugés responsables de la frénésie des marchés. L’idée d’une taxe européenne sur les transactions financières fait elle aussi son chemin. Onze Etats membres comptent la mettre en oeuvre. Mais l’Union européenne peut-elle imposer de telles décisions sans perdre des investissements au profit de ses concurrents ? Combien de banquiers talentueux choisiront d’aller s’installer à Singapour ?

Parmi nos invités, Karel Lannoo, président-directeur général du Centre pour l‘étude des politiques publiques européennes (CEPS), se montre sceptique. D’après lui, ce plafonnement des bonus “n’a pas tant d’importance car les banques peuvent facilement augmenter les salaires qu’elles versent juste pour être certaines de rester dans la limite. Cette mesure,” poursuit-il, “ne s’attaque pas à la cause de la crise, mais à l’un de ses symptômes et tant que les banques seront trop grosses pour faire faillite, elles continueront de verser des bonus élevés.”

Othmar Karas, vice-président du Parlement européen et rapporteur de la législation dont fait partie cette limitation des rémunérations, également membre du PPE, rappelle que l’objectif de ces règles n’est pas de dire “quelle rémunération maximale vous êtes autorisés à avoir.” Il souligne la nécessité d’avoir “une plus grande équité” et ajoute : “on ne peut pas expliquer aux populations en Europe comment des bonus aussi élevés peuvent être versés dans le secteur bancaire alors que dans le même temps, l’argent des contribuables est utilisé pour sauver les banques de la faillite.”

De son côté, Guido Ravoet, secrétaire général de la Fédération européenne des banques, estime que “le montant des rémunérations, c’est tout d’abord l’affaire des actionnaires d’une banque et insiste sur les effets contre-productifs d’une mesure qui ferait fuir les banquiers hors d’Europe.

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