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Offshore Leaks ou comment l'évasion fiscale est devenue un sport mondial


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Offshore Leaks ou comment l'évasion fiscale est devenue un sport mondial

Investir dans une société offshore n’a rien d’illégal au départ sauf s’il agit de contourner les autorités fiscales de son pays en ne déclarant pas l’argent.

En France, l’affaire Cahuzac, qui fait trembler le gouvernement, n’est qu’un glaçon dans l’eau comparé à l’iceberg soulevé par l'ICIJ, l’International Consortium of Investigative Journalists.

Après avoir minutieusement analysé ces quinze derniers mois quelque 2,5 millions de documents provenant de 120.000 sociétés offshore, l’ICIJ a dévoilé ce jeudi une vaste liste de riches entrepreneurs ou personnalités qui ont fait de l‘évasion fiscale, un véritable sport de compétition. Et vu qu’aucun pays n’est épargné par les révélations, on pourrait même parler de Jeux olympiques.

Parmi les noms cités figure, celui du Français Jean-Jacques Augier qui était le trésorier de François Hollande lors de la campagne présidentielle. Augier serait actionnaire de deux sociétés offshore basées aux Caïmans via son holding financier Eurane. Jean-Jacques Augier, notamment propriétaire du magazine “Têtu” assure de la légalité de ses investissements, il n’a pas hésité à se confier aux médias français. Cent trente autres Français seraient également concernés par les révélations.

Moins surprenant, apparaît dans la liste le nom du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev et certains de ses proches.
La fille du dictateur philippin Ferdinand Marcos, Maria Imelda, bénéficierait d’un fonds basé dans les îles Vierges britanniques.

Des proches de Poutine et plus précisément la femme du vice-Premier ministre Igor Shularov sont cités. Celle-ci détiendrait sept sociétés dont au moins une aux Bahamas.

Mais dans cette liste, on trouve également de nombreux citoyens lambda, des milliers de citoyens ordinaires. La directrice-adjointe de l’ICIJ souligne que “les sociétés offshore ne sont pas uniquement le repaire de malfrats ou de politiciens voulant dissimuler de l’argent. Des anonymes adoptent ce système car ils ne se sentent pas à l’abri dans les institutions bancaires de leur propre pays.”

Les données analysées par l’ICIJ proviennent de deux sociétés spécialisées dans les domiciliations offshore : Commonwealth Trust Limited, à Tortola, dans les Îles Vierges britanniques et Portcullis Trustnet, basée à Singapour. Ces fichiers – plus précisément des copies de contrats, des photocopies de passeport, de livres de comptes – concernaient quelque 130.000 personnes dans 140 pays. L’enquête a commencé il y a 15 mois lorsque le journaliste d’investigation Gerard Ryle a reçu chez lui en Australie, un disque dur contenant les quelques 260 Go d’information. L’ICIJ a mis ensuite en place un système de partage de données. Quelque 86 journalistes ont pris part à leur analyse.

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