Skip to main content

Dernière Minute
  • Soudan du Sud: le chef d‘état-major de l’armée démis de ses fonctions (décret présidentiel)
La MOOC wave : quel avenir pour les universités ?
| Partager cet article
|

Que diriez-vous de décrocher un diplôme en ligne plutôt que d’assister aux cours magistraux conventionnels ? Quel avenir pour les campus universitaires si l’enseignement est dispensé sur internet ? Gros plan sur les “Massive Open Online Courses”, plus communément appelés “MOOC”.

France : un concept à développer (François Taddéi)

Francois Taddéi dirige le Centre de recherche interdisciplinaire à Paris. Egalement directeur de recherche à l’Inserm, il plaide pour plus d’innovation dans l’enseignement supérieur français. Aurora Velez l’a rencontré.

Le principe :

“Les MOOCs, pour “Massive Open Online Courses”, ce sont des cours universitaires qui sont en ligne. Tout le monde peut s’inscrire et obtenir un certificat – si l‘étudiant a suivi suffisamment de cours et s’il a su passer les tests qui sont inclus. En même temps, il va interagir avec beaucoup d’autres étudiants qui suivent le même cours.”

Un succès :

“Les premiers MOOCs réunissent plus d’étudiants que Facebook la première année, donc il y a une croissance exponentielle extrêmement rapide et qui pose des questions aux universités. Parce que si demain, tous leurs étudiants suivent des MOOCs, est-ce qu’ils iront encore dans les amphithéâtres ?”

Elargir le concept :

“Aujourd’hui, pour les premiers MOOCs qui ont été créés, le mot “open” qui est dedans veut dire simplement “open registration”, c’est-à-dire, la possibilité de s’inscrire pour tous. Mais ce qui serait intéressant serait d’avoir aussi “open data” : que toutes les données qui sont produites pour l’apprentissage soient disponibles à tous. Qu’il y ait aussi “open source”, c’est-à-dire que le logiciel qui sert à faire le MOOC puisse évoluer avec la contribution de tous. Et aussi “open content”. “Open content” ça veut dire que le contenu du cours partagé, chacun peut l’améliorer . Parce qu’on n’apprend pas nécessairement de la même manière au lycée en Allemagne et en Suède, et pourtant si l’on a qu’un seul MOOC, on risque d’avoir des niveaux différents au moment où l’on va suivre ça. Alors que si on les adaptait aux différents public, on rendrait un savoir accessible au plus grand nombre.”

Quid des examens ?

“A terme probablement, il faudra payer la certification et la diplomation des choses que l’on aura apprises, pour être sûr que c’est toi qui a appris et pas ta petite soeur ou ton grand frère. Il est important de savoir que c’est bien l’individu inscrit et on a besoin de le vérifier. Je pense que tous les étudiants ont eu au moins une fois dans leur vie une tentation : celle de tricher. Sur le MOOC, c’est encore plus facile à faire que dans un amphithéâtre, alors comment est-ce qu’on les en empêche ? C’est un problème vieux comme le monde et il faut le poser différemment dans le cadre du MOOC. L’une des manières de faire, c’est de passer le diplôme en présentant sa carte d’identité dans un centre d’examens. C’est une des manières qui est en train de se développer à certains niveaux, au MIT et Harvard notamment.”

La question des coûts :

“Ce qu’il faut savoir, c’est qu’aujourd’hui, le marché de l’éducation – et c’est comme cela que le voient les entreprises capitalistes qui investissent dessus – c’est plusieurs milliers de milliards de dollars et donc, de l’argent, dans l’éducation, il y en a. Une des grosses différences entre la recherche biomédicale et la recherche en éducation, c’est qu’il y a un facteur 15 entre les deux. C’est le même budget, la santé et l’éducation, mais la recherche pour la santé est très importante, 15 fois supérieure à la recherche sur l’éducation, alors que la valeur dans le PIB de la santé et de l’éducation est à peu près la même.”

Bonus
MOOC : un concept à développer

edX : de la mécanique des MOOCs

Les modèles éducatifs ne sont pas gravés dans le marbre, même pas dans une institution aussi pérenne qu’Harvard.

On recense trois MOOCs principaux, tous basés aux Etats-Unis : Coursera, Udacity et edX. Ce dernier a été lancé en avril 2012 par les universités de la Ivy League et l’Institut de technologie du Massachussets, le MIT. Et déjà, quelque 2 millions de personnes ont suivi les 105 cours de physique en ligne du Professeur Lewin (MIT).

“La raison pour laquelle cette innovation est aussi importante que l’invention de l’imprimerie est qu’elle touche des millions de personnes, qui même en rêve n’auraient pu espérer aller en classe et recevoir un enseignement. Et aujourd’hui, ils peuvent choisir un cours d’Harvard, un autre de Berkeley, un autre du MIT,” s’enthousiasme-t-il.

Reste que si les inscriptions aux MOOCs sont massives, le taux d’abandon l’est aussi- autour de 95%.

Plus d’informations :
The year of the MOOCs http://www.nytimes.com/2012/11/04/education/edlife/massive-open-online-courses-are-multiplying-at-a-rapid-pace.html?pagewanted=all&_r=0

Moocs song and interesting comments http://thechoice.blogs.nytimes.com/2013/02/12/mooc-college-songs/ http://www.huffingtonpost.com/janet-riggs/moocs-flips-and-blends_b_2593733.html http://www.huffingtonpost.com/janet-riggs/moocs-flips-and-blends_b_2593733.html

http://www.nytimes.com/2013/03/13/education/california-bill-would-force-colleges-to-honor-online-classes.html?ref=us&_r=0

BYU : quand un campus fait des MOOCs un atout

Abordables et accessibles, les études supérieures en ligne pourraient-elles un jour se substituer à l’enseignement direct ?

Pour les établissements qui s’adaptent, les cours en ligne permettent de consolider l’enseignement à moindre frais. La Brigham Young University, dans l’Idaho, vient de connaître une véritable métamorphose. Tous les programmes ont été remaniés grâce à l’enseignement en ligne. Les coûts, et donc les frais de scolarité, ont cessé de grimper. Le nombre d‘étudiants a littéralement explosé, passant de 11.000 en 2002 à 18.000 aujourd’hui.

On les retrouve surtout à la bibliothèque, où ils ont accès à des livres de référence. Car c’est la classe qui vient à eux, sur l‘écran de leur ordinateur portable. Les cours virtuels ont même parfois leur préférence.

L’université mise sur les nouvelles technologies non seulement pour réduire ses coûts, mais aussi pour améliorer l’enseignement. Une question de survie, car pour la première fois en huit siècles, les universités sont confrontées à une concurrence extérieure. D’après les experts, le nombre d‘étudiants en ligne augmente de 30% chaque année.

Pour approfondir :
http://www.byui.edu/
http://www.forbes.com/sites/ccap/2011/08/22/qa-with-christensen-and-eyring-on-their-new-book-the-innovative-university/
http://www.universitybusiness.com/news/who-will-build-%E2%80%9C-innovative-university-henry-eyring
http://www.byui.edu/admissions/costs
http://nces.ed.gov/fastfacts/display.asp?id=76

Sur les réseaux sociaux, certains d’entre vous considèrent les MOOCs comme de bons outils d’apprentissage, d’autres soulignent deux écueils : l’auto-discipline et l’absence de relations interpersonnelles. Dîtes-nous ce que vous en pensez !

Copyright © 2014 euronews

Plus d'actualités sur :
| Partager cet article
|

Identifiez-vous
Merci d’entrer vos identifiants de connexion

ou Rejoignez la communauté euronews

Avez-vous oublié votre mot de passe ?