DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

La question du secret bancaire divise l’Autriche


Autriche

La question du secret bancaire divise l’Autriche

La levée totale ou partielle du secret bancaire est au centre de tous les débats en Autriche. A la tête d’un gouvernement de coalition, le chancelier socialiste (SPÖ) Werner Faymann a estimé lundi, dans un entretien avec la presse locale, que l’Autriche devait négocier avec l’Union européenne pour plus de transparence. «La réputation du pays est en jeu», estime-t-il. Le chancelier s’est ainsi déclaré pour un transfert plus important des données concernant les comptes établis par des résidents de l’UE dans la république alpine. Une position qui n’est pas du tout partagée par ses partenaires conservateurs (ÖVP) de la coalition. Ainsi la ministre des Finances, Maria Fekter, a indiqué qu’elle se battrait «comme une lionne» pour défendre le secret bancaire dans le pays. Le vice-chancelier Michael Spindelegger a également estimé que l’Autriche n’a aucun intérêt à modifier sa réglementation bancaire.

La question du secret bancaire est ainsi âprement discutée en Autriche, surtout depuis les récentes déclarations du Luxembourg. En effet, dimanche dernier, le ministre des Finances du Luxembourg, Luc Frieden, s’était engagé, dans une interview au journal allemand FAZ, à lever une partie du secret bancaire dont jouissent les comptes établis dans le Grand Duché.

Une décision qui a été saluée au niveau européen. Sur son compte Twitter, le commissaire européen chargé de la Fiscalité, Algirdas Semeta, s’est ainsi félicité de la décision du Luxembourg. ‘‘Maintenant l’Autriche est sous les projecteurs “, a-t-il ajouté dans son tweet.


La porte-parole de Mr Semeta a précisé lundi la position de la Commission. «Il est impossible qu’un Etat membre bloque les 26 autres, et il sera difficile pour l’Autriche de maintenir sa position quand tous les autres Etats membres sont prêts à avancer vers un échange automatique d’informations», a-t-elle indiqué.

Les Etats membres ne peuvent plus, selon une directive entrée en vigueur début 2013, refuser de transmettre des données bancaires. Jusqu’alors, l’Autriche et le Luxembourg s’étaient toujours opposés à cette mesure, refusant de transmettre automatiquement des informations sur des comptes de résidents de l’UE.

Une réunion informelle de l’Ecofin (ministres des Finances de l’UE) est prévue vendredi et samedi prochains à Dublin. Cette rencontre va être une «belle occasion» pour aborder le thème de l‘évasion fiscale, selon le porte-parole du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble.

L’Autriche aura peut-être affinée sa position d’ici là. Mais, pour le chancelier Fayman, l’Autriche ne doit pas être la seule à être montrée du doigt. Il a ainsi affirmé qu’il était temps de se pencher sur le statut particulier des îles Anglo-Normandes. David Cameron est prévenu.

Prochain article

monde

Braquage de deux fourgons blindés sur une autoroute italienne