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Les anti-mariage pour tous ne désarment pas

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Les anti-mariage pour tous ne désarment pas

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Frigide Barjot avait prévenu : « Hollande veut du sang, il en aura ! ». Il semble que les opposants au mariage pour tous soient déterminés à faire entendre leur voix. A quelques jours de l’examen en deuxième lecture du texte de loi sur le mariage homosexuel, les anti-mariage gay ont durcis leurs actions.

Ministres chahutés, “réveil” d’un député, TGV bloqué, confrontation avec les forces de l’ordre, l’accélération du calendrier parlementaire pour l’examen du projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de même sexe, qui reviendra dès mercredi à l’Assemblée nationale après son adoption vendredi au Sénat, a fait monter d’un cran la mobilisation des “anti” ces derniers jours.

A Nantes, des opposants ont poursuivi samedi toute la journée l’essayiste pro-mariage gay Caroline Fourest, perturbant un débat auquel elle participait, bloquant son TGV et l’attendant à son retour gare Montparnasse à Paris.



Plus tôt dans la journée, les manifestants avaient préparé un réveil matinal au coprésident du groupe EELV à l’Assemblée nationale, François de Rugy. Regroupés devant son domicile à Paris, ils ont bruyamment manifesté sous les fenêtres du député écologiste de Loire-Atlantique, tout comme la sénatrice UDI Chantal Jouanno quelques jours plus tôt.



Pendant ce temps-là, dans les villes de province comme Bordeaux, près de 300 personnes ont défilé jusqu’au domicile de la ministre déléguée aux Personnes âgées, Michèle Delaunay, absente, pour réclamer sa démission. A Toulouse, des manifestants ont défilé à bord de 150 véhicules aux cris de “Hollande, ta loi on n’en veut pas!”. Un nouveau rassemblement est prévu ce dimanche à Lyon.

Gauche et droite se renvoient la balle

Le Premier secrétaire du PS, Harlem Désir, a dénoncé dimanche la “traque” de Caroline Fourest, y voyant des “actes de terreur idéologique” encouragés par “les silences de la droite”. La droite “se laisse diriger par une Mme Barjot, qui pense qu’un vote du Sénat relève de la dictature, et Mme Boutin, qui profère les pires menaces sur la démocratie et la République”, a lancé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. La présidente du Parti démocrate-chrétien avait parlé de “guerre civile” dans un tweet.

Le gouvernement n’est “pas innocent dans la violence”, a rétorqué l’UMP Jean-Pierre Raffarin. L’accélération du calendrier parlementaire est une décision “stupide” qui va “encore un peu plus radicaliser” le débat, a estimé François Fillon, emboîtant le pas au président de l’UMP Jean-François Copé, qui a parlé samedi de “véritable provocation” qui “aura forcément pour conséquence une grande mobilisation populaire” des opposants.