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USA : le retour de la terreur


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USA : le retour de la terreur

Un peu plus de 4 heures après le départ, le marathon de Boston a basculé dans l’horreur. Parmi la foule rassemblée autour de la ligne d’arrivée, pour ce qui devait être une fête pour les participants, leur familles et les spectateurs, deux bombes explosent coup sur coup et sèment la terreur et le chaos. Aussitôt, alors que le chef de la police appelle la population à rester chez elle, le président Obama promet un renforcement des mesures de sécurité,

Un nouveau drame qui rappelle forcément de mauvais souvenirs aux Américains et que personne n’a pu empêcher. A Boston mais aussi Washington et New York, et dans les autres grandes villes du pays tous les services de police ont été mis en alerte. La maison blanche parle d’acte terroriste. Le choc et la psychose s’installe à nouveau aux Etats Unis.

“On a vu la première bombe exploser, et les gens propulsés sur le macadam, et ensuite il y a eu la deuxième” raconte cette américaine sous le choc. Il y avait des familles partout qui pleuraient, des enfants qui hurlaient, c‘était le chaos.” dit cette autre jeune femme.

Un chaos qui transporte les américains 12 ans en arrière, avec des images de fumée, de panique qu’ils espéraient ne plus jamais voir

Septembre 2001. Les attentats contre le word trade center et leurs 3000 morts sont les derniers gros attentats commis contre les Etats Unis et resteront les plus traumatisants. Cette fois-ci la revendication viendra de l’extérieur : le terrorisme islamiste avec le bouleversement du monde qui va s’en suivre.

Mais les Etats Unis ont aussi été attaqués de l’intérieur par le passé. En 1995, une voiture piégée explose au pied d’un immeuble fédéral à Oklahoma City et fait 168 morts et plus de 500 blessés. En 1995, Timothy McVeigh, sympathisant de milices et groupuscules d’extrême droite est reconnu coupable. La même mouvance est responsable un an plus tard de l’attentat lors des JO d’Atlanta. Des groupes de plus en plus nombreux et source d’inquiétude selon un rapport paru en mars. Ils se font appeler “patriotes”, enrôlent des enfants, sont surarmés, racistes et farouchement anti-gouvernement, notamment lorsque celui-ci touche à la question des armes.

Le témoignage de notre correspondant à Boston

Notre correspondant aux États-Unis, Stefan Grobe, s’est rendu à Boston pour prendre le pouls d’une ville meurtrie par ces explosions.

euronews : “Quelle est l’atmosphère à Boston aujourd’hui ? Que se passe-t-il ?

Stefan Grobe :“C’est une atmosphère très très étrange. D’un côté la ville est toujours sous le choc, de l’autre vous pouvez voir autour de moi les gens reprendre leurs activités quotidiennes. La plupart des coureurs sont restés. J’ai parlé à plusieurs Européens qui étaient présents hier. Ils refusent de changer leurs plans et comptent rester jusqu‘à la fin du week-end pour profiter de leur séjour ici. Il y a donc des émotions très partagées à Boston en ce moment.”

euronews : Le FBI et le chef de la sécurité nationale se sont exprimés. Ils n’ont pas de suspects, ne savent pas s’il s’agit de l’œuvre de terroristes locaux ou étrangers. Que savons-nous au juste ?

Stefan Grobe : Les policiers n’en sont vraiment qu’aux prémices de l’enquête. Ils sont actuellement en train de regrouper plusieurs informations. Ils visionnent des vidéos de surveillance, des photos et des films tournés par les particuliers. Mais pour l’heure il n’y a pas de piste claire.

euronews : Le Président Obama a prévenu hier qu’il ne fallait pas tirer de conclusions hâtives. Nombre d’Américains l’ont pourtant sans doute déjà fait. Les Américains ont-ils plus peur d’une menace d’origine interne ou externe ?

Stefan Grobe : C’est la question à 50 millions de dollars. Il est très difficile de dire ce qui serait le plus difficile pour les Américains, un autre attentat revendiqué par un groupe lié à Al-Qaida, ou une attaque perpétrée chez eux par un terroriste américain ? Cela nous ramène au drame d’Oklahoma City en 1995. Ce fut un véritable choc pour les Américains. D’un autre côté, nous connaissons tous la tragédie du 11 septembre. Les Américains pensaient avoir dépassé ce traumatisme. Après plus de dix ans, le quotidien avait finallement repris le dessus. Année après année, ils avaient cessé d’avoir peur. Et maintenant ils se rendent compte que la terreur est de retour, que tous les moments difficiles, les pensées les plus noires sont revenues. Il est donc très difficile de dire ce qui serait le moins dur pour eux, une attaque d’origine interne ou externe.”

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