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Les Allemands trois fois plus pauvres que les Chypriotes ?


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Les Allemands trois fois plus pauvres que les Chypriotes ?

Ein großer Skandal. La Banque Centrale européenne a publié une enquête sur la richesse des populations et les résultats sont pour le moins frappants.

L’étude révèle que les ménages des pays frappés par la crise sont considérablement plus riches celle des pays en bonne santé financière. Surprise : les ménages allemands font partie des plus pauvres de la zone euro avec un actif net moyen de 195 000 €. Selon l’enquête de la BCE, ce sont les citoyens des pays du Sud de l’Europe – Italie, Espagne, France et même Chypre – qui ont les actifs les plus importants.

Ces conclusions apportent un nouvel éclairage à la discussion entre pays du Nord et ceux du Sud, dont l’économie est dans la tourmente.

Tous les pays de la zone euro ont été passés au crible, hormis l’Irlande et l’Estonie qui n’ont pas souhaité participer. La richesse moyenne d’un ménage est calculée de la sorte : elle inclut le total des actifs immobiliers, les dépôts bancaires, les investissements auxquels on soustrait les emprunts et toutes autres sortes de dettes.

Dans le rapport, l’accent est mis sur la propriété, des résidences comme des petites entreprises. Or, en Allemagne, le nombre des ménages propriétaires de maisons est assez faible. Le pays se classe d’ailleurs 9e sur 15. Il est plus difficile d’emprunter en Allemagne qu’en France. Les banques allemandes sont plus prudentes en matière de prêt et exigent souvent un apport important pour s’assurer de la solvabilité des demandeurs. Cela tend donc à décourager l’accès à la propriété. L’Allemagne et l’Autriche sont les seuls pays de la zone euro où moins de 50% des ménages sont propriétaires de leur logement. La BCE de commenter : “le rôle de la propriété est très important.”


“Le mensonge de la pauvreté – comment les pays européens en crise camouflent leur richesse.”

Le Luxembourg occupe la première position du classement des populations les plus riches. Un ménage luxembourgeois possède en moyenne plus de 700 000 € en valeur nette. Chypre, qui vient d‘être sauvé de la faillite, se place deuxième avec 670 000 € en moyenne.

Le Nord de l’Europe occupe le bas du classement. En Allemagne, la richesse moyenne est largement moins élevée (195 000 € en moyenne). Elle est de 170 000 € au Pays-Bas et 162 000 € en Finlande. Mais les plus mal lotis sont Slovaques, avec en moyenne 80 000 € par ménage en 2010.

L’Espagne (5e), l’Italie (6e) et la France (7e) occupent le haut du classement avec respectivement 291 000 €, 275 000 € et 233 000 € de richesse moyenne nette par ménage.

Des résultats à nuancer : tous les chiffres donnés par la BCE sont liés aux ménages, c’est-à-dire aux personnes vivants sous le même toit. Or, les ménages ont tendance à être plus larges en Europe du Sud, où les générations cohabitent, que dans les pays comme l’Allemagne. Ce biais influence les résultats, montrant une richesse par ménage plus importante au Sud.

Une étude polémique

A la publication de ce constat, beaucoup ont d’abord cru à un gag. Ces résultats démontent une réalité habituellement admise à propos des pays du Nord et du Sud de l’Europe.

Certains voient dans les résultats de l’enquête de la BCE une inégalité. L’Europe demanderait aux contribuables les plus pauvres de la zone (au Nord) de secourir des plus riches qu’eux (au Sud) lors des récents plans de sauvetages.

L’enquête a également permis de souligner des inégalités sur le continent européen. Outre la division Nord-Sud qui semble irrémédiable, les richesses moyennes varient entre 710 000 € pour le Luxembourg et 80 000 € en Slovaquie. De plus, 10% des ménages les plus riches détiennent plus de la moitié des richesses totales de la zone euro.

Par ailleurs, en Allemagne, les pensions versées aux ménages retraités sont beaucoup plus importantes que dans la majorité des autres Etats européens. C’est la raison pour laquelle de nombreux Allemands ne sentent pas la nécessité d’accumuler d’autres richesses. Or les retraites ne sont pas prises en compte dans le rapport de la BCE car en moyenne trop faibles pour être considérées comme “richesse du ménage”.

Les résultats restent cependant à nuancer : la BCE a basé son enquête sur les données de 2009 et 2010 (2008 pour l’Espagne) et sur 62 000 ménages. A cette époque, la crise des dettes souveraines n’en est qu‘à ses balbutiements.

Aujourd’hui, la crise des dettes souveraines a poussé cinq Etats – la Grèce, l’Irlande, le Portugal, l’Espagne et dernièrement Chypre – a demandé un plan de sauvetage à leurs partenaires européens.

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