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José Manuel Barroso reconnait que "la politique d'austérité a atteint ses limites en Europe"

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José Manuel Barroso reconnait que "la politique d'austérité a atteint ses limites en Europe"

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La rigueur n’est plus le seul mot d’ordre à la tête de l’Union européenne. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a reconnu que “la politique d’austérité a atteint ses limites en Europe”.

Lors d’une conférence, ce lundi 22 avril, il a assuré que “pour réussir, une politique (…) doit bénéficier d’un minimum de soutien politique et social.”

Le chef de l’exécutif européen a admis que les prescriptions de Bruxelles afin d’enrayer la crise n‘étaient pas forcément efficaces : “tout ce que nous avons fait n‘était pas juste” a-t-il commenté.

Ce nouveau discours de la Commission tranche donc avec les exigences qu’elle prône depuis trois ans : une réduction drastique des dépenses afin d’assainir les comptes publiques.

Et José Manuel Barroso de préciser : “Même si les politiques de correction des déficits sont fondamentalement justes, nous pouvons toujours discuter d’un réglage plus fin de leur rythme.” La rigueur n’est pas mise de côté pour autant. Il s’agit là d’accorder plus de flexibilité aux Etats européens dans la réalisation des objectifs budgétaires. Cela pourrait également signifier un assouplissement du calendrier, notamment pour atteindre la limite des 3% exigés par le pacte de stabilité.

Les propos du président de la Commission ne sont pas inédits. Même les plus zélés des chantres de la discipline budgétaire ont récemment plaidé pour une modération des mesures d’austérité. Christine Lagarde, directrice du FMI, et Jack Lew, secrétaire du Trésor américain, ont préconisé une inflexion de la rigueur. L’OCDE craint que “le serpent se morde la queue”. En France, des membres du gouvernement mènent également la fronde contre la politique… de leur propre gouvernement.

Le groupe des Socialistes et Démocrates au Parlement européen a immédiatement applaudi le nouveau discours de José Manuel Barroso. Mais il ne manque pas de le railler pour autant. Sur son site, le groupe le “félicite pour son réveil de son coma de cinq ans en reconnaissant la réalité de l’austérité”.

Il a également invité le président de la Commission à “se rendre en Grèce, au Portugal, en Espagne et ailleurs pour voir la réalité de la vie des gens” et réclamé “une refonte urgente des plans de sauvetage pour les pays en crise”. Le président du groupe a enfin souhaité, dans un communiqué, que cela ne prenne pas cinq ans supplémentaires.