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Tournée d'anniversaire européenne pour les théâtres publics

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Tournée d'anniversaire européenne pour les théâtres publics

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La Convention théâtrale européenne fête ses 25 ans. C’est la plus grande association en Europe à promouvoir le travail des théâtres publics. Pour cet anniversaire elle a organisé une grande tournée de printemps : son bus a sillonné les routes européennes pour s’arrêter dans sept pays. Chaque ville a son propre thème.

A Stuttgart, les discussions ont tournées autour du rôle du théâtre dans la vie politique et sociale, mais aussi sur la manière de sensibiliser la jeune génération au travail des théâtres publics. Des théâtres qui bien souvent cèdent des choix radicaux aux attentes d’un public bourgeois.

Hasko Weber, directeur artisitique du Théâtre national de Stuttgart : « Enthousiasmer les jeunes pour le théâtre est aussi difficile aujourd’hui qu’il y a 100 ans… peut-être que les temps changent mais ce n’a jamais été acquis que les jeunes aient envie de venir s’enfermer dans une salle pour regarder une histoire sur scène. Cette forme d’expérience collective et démocratique doit constamment être redéfinie et réinventée. »

A bord du bus des professionnels du théâtre, des journalistes et cinq jeunes artistes venus d’Allemagne, de Roumanie, de Croatie et du Royaume-Uni. La route est l’occasion d‘échanger sur leur pratiques et leur vision du théâtre.

Deuxième arrêt, Liège en Belgique.
Rendez-vous à “l‘École supérieure d’acteurs” du Conservatoire royale. Les praticiens discutent de la formation du comédien et de la manière de travailler avec une troupe de théâtre.

La route continue, et le bus quitte la Belgique direction, l’Allemagne.

Troisième arrêt : Karlsruhe, au sud-ouest du pays.
Le point focal de la rencontre : l’enfant. Comment leur faire passer que le théâtre est plus qu’un divertissement et peut être le lieu d’un combat social et politique.

Jan Linders, directeur du Théâtre national de Karlsruhe : « Le théâtre d’aujourd’hui est encore capable et le sera toujours, de poser des questions – pas forcément d’y répondre mais au moins de les formuler. Il est aussi capable d’intégrer toutes forme de nouveau média, c’est ça qui est super. Je ne pense pas que le théâtre puisse mourir juste parce qu’une nouvelle forme de média apparait. »

Après l’Allemagne, rendez-vous est pris en Suisse pour voir la « Chatte sur un toit brulant » de Tennesse Williams.
Parfait exemple de la manière dont d’autres médias, comme la vidéo, peuvent être intégrés sur scène.

Pour la présidente de la CTE, un vrai effort doit être fait pour attirer les jeunes.

Dubravka Vrgo, présidente de la CTE : « A cause des coupes budgétaires il n’y a pas de place en Europe pour les jeunes : les jeunes artistes, acteurs et metteurs en scène. Et je crois que c’est le rôle le plus important de la Convention : prendre soin des jeunes artistes et metteurs en scène, et créer une Europe accueillante pour eux. C’est avec eux nous renouvellerons le public. »

Le bus, infatigable comme ses acteurs, continue sa route à travers les Alpes pour l’Italie.

A Prato le public est venu voir Le Belvédère, une pièce de Ödön von Horvath. Le dramaturge de langue allemande né au début du siècle est connu pour avoir lancé des avertissements sur la montée du nazisme en Allemagne. L’occasion de débattre autour du Théâtre et de la décadence en Europe, notamment avec les riches expériences du metteur en scène Paolo Magelli.

Paolo Magelli directeur artistique : « Je crois profondément que le théâtre est le lieu des rêves, un lieu libre, un lieu de liberté où l’utopie a sa place. Nous devons apprendre au gens que dans leur tête ils sont profondément libres. »

« Voyager à travers l’Europe et discuter avec des professionnels sur le théâtre d’aujourd’hui, assister à des pièces dans sept pays européens… cette tournée de printemps est un rêve pour tous les amateurs de théâtre. Wolfgang Spindler, en Italie et en direction de Zagreb, pour Euronews.»