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Transparence : record de censures pour Google

De juillet à décembre 2012, Google a reçu plus de 2 200 demandes de gouvernements dans le monde, souhaitant supprimer quelque 24 000 éléments du web. Une augmentation générale de 25% par rapport à la première moitié de 2012.

Dans son rapport semi-annuel, le moteur de recherche note que les tentatives de censure des contenus en ligne sont de plus en plus fréquentes. Les publications à caractère politique des internautes sont devenues les plus grandes cibles. Google affirme recevoir de nombreux courriers de justice souhaitant supprimer les postes des blogueurs qui critiquent des responsables gouvernementaux.

Le Brésil, grand censeur

Les demandes en provenance du Brésil ont explosé : 697 demandes de suppression de contenus (au lieu de 191 pour la période précédente). Fin 2012, le Brésil représente à lui seul, plus de 3,5 ordonnances envoyées à Google chaque jour. Les élections municipales à l’automne pourraient expliquer cette recrudescence. Le Code électoral brésilien interdit la diffamation des candidats en lice. De nombreux contenus constitueraient donc une violation de la loi. Mais Google a fait appel de ces décisions en vertu de la liberté d’expression garantie par la Constitution brésilienne.

Le Brésil est numéro Un des plus gros demandeurs de censures. Il est suivi des États-Unis (321 demandes), de l’Allemagne (231), de l’Inde (160) et de la Turquie (157).

La publication du film “L’innocence des musulmans” sur Youtube a embrasé la toile en 2012. Une vingtaine de pays ont demandé sa suppression. Google est le propriétaire de la plateforme de partage de vidéos. Le site a dû restreindre l’accès au clip polémique dans de nombreux Etats, conformément aux législations locales.

Google a également observé une forte augmentation des demandes de la Russie. Une nouvelle loi pour la protection des enfants sur le web est entrée en vigueur à l’automne. Elle a permis au Kremlin de réclamer la suppression d’une centaine de contenus. Des sujets très souvent en rapport avec les suicides et la consommation de drogues.

La France se place 8e du classement. Une demande a été formulée par un responsable des autorités régionales. Il souhaitait faire supprimer un article critique sur sa carrière juridique. Sa demande n’a pas abouti. 11 demandes sur 19 ont tout de même porté leurs fruits. Il s’agissait d’ordonnances judiciaires concernant la confidentialité d‘éléments sur Youtube.

C’est le 7e rapport sur la transparence que publie Google. Des nouveautés ont été apportées depuis 2003. La société californienne propose désormais une carte du monde qui dévoile où et quand les services Google ont connu des perturbations, depuis 2009.

A chaque publication, les rapports sur la transparence font beaucoup parler. Mais outre l’argument médiatique, Google justifie son action par l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui stipule : “Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.”

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