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L'Europe s'attaque aux pesticides pour sauver les abeilles

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L'Europe s'attaque aux pesticides pour sauver les abeilles

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Save the bees! La Commission européenne déclare la guerre aux pesticides. Un vote des Etats européens a autorisé lundi la restriction de pesticides jugés mortels pour les abeilles.

Mais l’interdiction dans l’Union européenne des trois produits, à compter du 1er juillet prochain, ne sera que temporaire. Les Etats ne sont pas arrivés à se mettre d’accord à l’unanimité. La restriction ne durera que deux ans.

Quinze Etats dont la France ont voté en faveur de la restriction. L’Hexagone se classe pourtant premier pays européen en matière de consommation de pesticides (entre 70 000 et 120 000 tonnes par an).

Huit autres pays ont voté contre et quatre se sont abstenus.

Les trois produits incriminés (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame) sont soupçonnés de nuire aux abeilles.

La décision de la commission s’est fondée sur un rapport publié par l’Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire (EFSA). En janvier dernier, l’agence concluait que les pesticides posaient “un risque gravement élevé” pour tous les pollinisateurs et donc les abeilles. Des études récentes ont en effet montré que les insecticides endommageraient les capacités d’orientation et donc de déplacement des abeilles.

De plus, ces pesticides sont solubles dans l’eau. Ils infiltrent les sols et s’imprègnent dans les plantes – les rendant elles-mêmes toxiques pour les insectes.

Le Royaume-Uni pour les pesticide

S’il est avéré que le niveau des populations d’abeilles a régulièrement chuté ses trente dernières années, l’impact des pesticides sur la santé des abeilles est très disputé. De nombreux scientifiques estiment qu’il faut des recherches plus poussées. De plus, une autre cause pourrait être à l’origine de la baisse considérable des populations d’abeilles : il s’agit du frelon asiatique, une grosse guêpe d’Asie du sud-est qui décime les ruches. Le ministère de l’Agriculture l’a d’ailleurs déclarée en février dernier comme “espèce nuisible”.

Le Royaume-Uni s’est exprimé contre l’interdiction des pesticides. Pour le gouvernement britannique, ces études – qui ont été principalement menées en laboratoire – ne reflètent pas fidèlement les conditions du terrain.

Un vote avait déjà eu lieu sur le sujet le mois dernier sans être concluant. Cette fois, les lobbyings ont été féroces, de toutes part. Des groupes, comme le Suisse Syngenta et l’Allemand Bayer qui produisent les pesticides, ont dénoncé une étude trop légère pour être concluante. Les fabricants d’insecticides ont également clamé que l’interdiction porterait atteinte à la production alimentaire.

Du côté des militants favorables à l’interdiction, une pétition a recueilli près de trois millions de signatures. Vendredi dernier, des manifestants s‘étaient rassemblés à Westminster pour protester contre les néonicotinoïdes en question.

"Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre." - Albert Einstein

Les apiculteurs poussent un cri d'alarme. Les abeilles sont d’importants pollinisateurs. Leur activité rapporterait plus de 153 milliards d’euros par an à l‘économie, selon une étude de l’ONU en 2011.

Les abeilles sont indispensables à la biodiversité. En se nourrissant de plantes, ces insectes participent au processus de pollinisation à 80%. Donc sans abeille, il n’y a plus de reproduction des plantes et donc plus d’agriculture rentière.

Dans certaines régions de Chine, les abeilles ont pratiquement disparu et les hommes sont désormais obligés de polliniser manuellement. Si l’Homme peut se passer de miel, c’est toute la filière alimentaire qui serait menacée par l’extinction des abeilles.