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Précarité énergétique : le coût de l'électricité en Europe

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Précarité énergétique : le coût de l'électricité en Europe

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Près de 11% des Français – soit plus de trois millions de foyers – reconnaissent avoir des difficultés à payer leur facture d‘électricité, selon un baromètre Powermetrix-AFP publié ce mardi.

Le point sur les prix en Europe

Les citoyens de l’Union européenne paient en moyenne 20 c€/kWh.

La France se place en tête avec les prix réels aux ménages les moins élevés d’Europe (13,43 c€/kWh en moyenne). Elle est suivie de la Finlande et du Luxembourg. Les Hongrois paient l‘électricité la plus chère (29,10 c€/kWh). Ils sont accompagnés en bas de classement par les Allemands et les Italiens qui paient chacun plus du double que les Français, selon des estimations d’Eurostat.

Cependant, le classement des pays par coût de production de l‘électricité est très différent. En Allemagne et au Danemark, le prix TTC de l‘électricité aux ménages est le double du prix de production de cette même électricité.

L’Observatoire du Nucléaire rejette l’idée selon laquelle les prix bas en France sont assurés par l’utilisation massive du nucléaire. Pour rappel, cette énergie est à l’origine de 75% de notre électricité. “Le prix de production de l‘électricité au Danemark (11,44 c€/kWh) est à peine plus élevé qu’en France (9,49 c€/kWh). La source de production a un effet relativement modéré que ce soit du nucléaire ou autre.”

En Belgique, où 50% de l‘électricité produite provient du nucléaire, le prix de production est presque deux fois plus élevé qu’en France et le prix “à la prise” revient aux ménages à 20 c€/kWh.

L’association antinucléaire ajoute que le prix de production électrique par le parc nucléaire va inévitablement augmenter de façon massive au cours des prochaines années. “Le prix va augmenter au minimum de 30% dans les trois prochaines années. Les réacteurs nucléaires français sont tous très vieux aujourd’hui et ils nécessitent des remises à niveau extrêmement coûteuses(…) Le nucléaire est un système de dumping par nature : tout va bien au début et on repousse les factures à plus tard. L’heure des factures a sonné. Le prix de l‘électricité nucléaire est condamné à exploser.”

Et d’expliquer : “Le prix auquel est vendue l‘électricité en France est resté faible pendant longtemps parce que le nucléaire a fonctionné, depuis le début, comme un équilibriste sans filet. Mais ce filet coûte très cher. C’est ce qui va désormais être mis en place, suite la catastrophe de Fukushima. Il faut financer des équipements de sécurités supplémentaires, des sources froides supplémentaires. Bref, il faut payer la remise à niveau du parc.”

Le chauffage électrique, “une ineptie française”

“Les foyers précaires (locataires pour la plupart) ne sont pas plus chauffés à l‘électrique que les propriétaires, mais ils ont recours, plus que les autres, à du chauffage électrique d’appoint, explique Mathilde Voegtlé, chargée d‘études pour Wattgo. C’est une spirale négative où on a tendance à vivre dans des logements anciens mal isolés et donc à utiliser du chauffage électrique d’appoint car le chauffage traditionnel ne permet pas de se chauffer confortablement.”

Les énergies renouvelables, une solution ?

“Il faut garder à l’idée que l‘énergie coûte très cher de toute façon. Pendant longtemps, on s’est accaparé les énergies du Tiers-monde à très bas prix. Idem pour l’uranium. Or ces coûts augmentent. Les énergies renouvelables apparaissent comme un facteur d’indépendance énergétique réelle”, note Stéphane Lhomme, fondateur de l’Observatoire du nucléaire.

Le Danemark fait figure de premier de la classe en matière d‘énergies renouvelables. Ces sources permettent, à elles seules, de produire plus de 34% de l‘électricité nationale selon Eurostat. Derrière, il y a le Portugal (23%), l’Espagne (18%) puis l’Allemagne et la Finlande, autour de 15%.

La France ne produit que 3% d‘électricité à partir d‘énergies renouvelables. Mais le pays n’est pas le “cancre écologique” de l’Europe. Derrière la France se trouvent les pays de l’Est de l’Europe : la Slovénie, la Roumanie, la Bulgarie, et Chypre ne produisent pas plus de 1% de leur électricité depuis des énergies renouvelables.

Le système de modalité de paiement “par avance”, répandu dans la plupart des pays européens, pourrait éventuellement jouer sur la précarité des ménages. De nouvelles études sont d’ors-et-déjà en cours par l’institut Powermetrix.