DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

Istanbul : gaz lacrymogènes en guise de muguet


Turquie

Istanbul : gaz lacrymogènes en guise de muguet

Des heurts ont émaillé les célébrations du 1er mai à Istanbul. Les autorités turques avaient interdit tout rassemblement sur l’emblématique place Taksim pour cause de travaux.

A l’appel des syndicats et de la gauche, plusieurs milliers de manifestants ont tenté de forcer le cordon formé par pas moins de 22.000 policiers. Refoulés par des canons à eau et des bombes lacrymogènes, ils ont risposté par des jets de pierres.

Une dizaines de personnes ont été blessées et une vingtaine arrêtées.

Deux députés d’opposition étaient dans la foule. “Si un citoyen turc n’avait pas ouvert sa porte, mon état risquait de devenir critique, parce que je suis asthmatique. Ces méthodes de la police sont inacceptables,” s’insurge Gürsel Tekin du Parti républicain du peuple (gauche).

“Le 1er mai a été célébré pacifiquement à maintes reprises par des milliers de gens et personne n’en a souffert. Pourquoi ? Parce que ce n‘était pas interdit par le gouvernement. Nous sommes allés sur la place Taksim avec des amis et les syndicats pour voir ce qu’il se passerait. Nous avons toujours dit que la prohibition menait à la violence,” renchérit à ses côtés Ercan Karakas, élu du même parti.

Les défilés du 1er mai ne sont autorisés que depuis 2010 en Turquie après 33 ans d’interdiction. La place Taksim est le point de ralliement par excellence à Istanbul. Pour les Turcs, elle évoque le 1er mai sanglant de 1977, quand des inconnus avaient ouvert le feu. Le mouvement de panique avait fait 34 morts. Les troubles qui avaient suivi avaient conduit au coup d’Etat militaire de 1980.

Aujourd’hui, le gouvernement a tout de même autorisé le dépôt d’une gerbe à la mémoire des victimes. Selon les autorités, deux autres défilés se sont déroulés pacifiquement à Istanbul.

Chaque histoire peut être racontée de plusieurs manières differentes : retrouvrez les perspectives des autres journalistes d'euronews dans nos autres équipes linguistiques.

Prochain article

monde

Bagarre au parlement vénézuelien : Maduro accuse l'opposition