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Eurovision se met au régime sec

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Eurovision se met au régime sec

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Comme chaque année, à la fin du printemps, plus de 100 millions de personnes dans plus de 40 pays vont assister à l’un des événements télé les plus médiatisés et les plus kitsch : le concours Eurovision de la chanson 2013. Ce spectacle, vieux de 58 ans, est célèbre non seulement pour avoir propulsé les stars comme Céline Dion ou le groupe ABBA mais également, ou avant tout, pour être un défilé de crooners vieillissants et de chanteurs pop façon paillettes.

Finis le faste et la démesure

C’est la Suède qui accueille l’édition 2013 du fameux concours. Austérité oblige, l’événement va subir des coupes budgétaires. Les organisateurs prévoient de réduire les dépenses de production télévisuelle du spectacle à 20 millions de dollars soit moins de la moitié de ce qu’il représentait l’année dernière.

Mais les objectifs des organisateurs ne sont pas strictement financiers. Leur ambition est également d’attirer des nations actuellement parmi les plus touchées par les politiques d’austérité et de rendre à l’événement une dimension plus intime et plus centrée sur la musique elle-même.

La finale de l’Eurovision a attiré l’année dernière environ 125 millions de téléspectateurs, en éclipsant totalement les autres divertissements du genre dans le monde. La tendance à la surenchère en ce qui concerne l’investissement des organisateurs dans les technologies dernier cri et les effets glamour a largement contribué à gonfler le prix de la mise en scène de l’événement. Jouer le rôle d’hôte de l’Eurovision est ainsi devenu un lourd fardeau pour les pays qui, paradoxalement, commençaient à redouter le grand prix du concours. Les heureux élus tremblaient à l’idée de devoir alimenter le faste du spectacle poussé à son paroxysme.

Plusieurs pays, autrefois piliers de l’Eurovision, ont ainsi dû abandonner la compétition. Pour la Bosnie-Herzégovine, la Pologne, le Portugal ou la Slovaquie, envoyer une délégation dans le contexte de crise et d’austérité est devenu trop cher et le « risque de gagner » trop dangereux.

Aujourd’hui, la Suède qui reste l’un des pays européens les plus performants financièrement, prend clairement un virage à gauche par rapport à la compétition. Le budget de 20 millions de dollars de la télévision publique suédoise SVT est le plus petit budget depuis celui investi à Helsinki en 2007. La ville de Malmö participera au financement des activités annexes à hauteur de 4 millions de dollars.

Selon Martin Osterdahl, producteur exécutif de l’édition 2013, « la survie de l’Eurovision dépend de la capacité des petites nations à l’accueillir. » « Quelqu’un doit avoir le courage de briser la tendance », a-t-il déclaré.

Peut-être, la performance de Loreen (la gagnante suédoise de l’an dernier) va-t-elle devenir un nouveau modèle à suivre pour les futures éditions du concours. En effet, au lieu de s’appuyer sur les effets spéciaux extravagants et coûteux, elle a tout simplement réussi à créer une ambiance de proximité avec son public en laissant le charme de sa voix opérer.

Vive l’intimité à petit budget

Les organisateurs de l’édition 2013 vont donc tâcher de suivre l’exemple de leur compatriote en révisant à la baisse les dépenses. La couverture médiatique « à la suédoise » signifiera donc moins d’éclairage, moins de publicité, une salle plus petite, mais aussi, moins de jours de répétition ainsi que des réceptions plus modestes. Fini le faste des années précédentes.

L’initiative, pour le moins honorable, des organisateurs suédois n’a pas eu beaucoup de succès auprès des aficionados de l’Eurovision. Bengt-Urban Fransson, l’un des leaders de la branche suédoise du fan club de l’Eurovision s’inquiétait même du fait que le concours puisse désormais être considéré comme production à trop petit budget et perdre ainsi son « image de marque ».

Du côté des responsables de l’Eurovision l’enthousiasme domine. L’Union européenne de radio-télévision, association de radiodiffuseurs nationaux, chargée d’organiser le concours de chant avec les pays hôtes, a de son côté affirmé la volonté de travailler avec chaque nouvel organisateur dans le but de boucler même les plus petits budgets.