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En Grèce, la lutte contre le racisme passe par le dialogue


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En Grèce, la lutte contre le racisme passe par le dialogue

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En Grèce, depuis Socrate, on sait bien que le dialogue permet d’ouvrir les esprits. Dans les rues d’Athènes, des bénévoles veulent alerter les passants sur le sort des dizaines de milliers d’individus qui chaque année, arrivent dans le pays pour demander asile. Des personnes en situation fragile, sans aucun statut juridique et qui risquent à tout moment, d‘être expulsées. Le projet baptisé “Portes ouvertes” a pour but de favoriser leur intégration en Grèce.

Pour eux, les difficultés sont nombreuses : dans la région d’Athènes, les autorités n’enregistrent que vingt demandes d’asile par semaine. Ce qui oblige les demandeurs à patienter parfois très longtemps. Il y a aussi la violence : depuis l’entrée au Parlement du parti d’extrême droite Aube dorée, il y a plus d’agressions visant les étrangers.
“Le racisme est devenu très courant dans le pays,” estime Katerina Georgoudaki, membre de Service civil international Hellas, l’association grecque qui participe au projet, “ces gens voient un étranger, ils ne savent rien de lui et ils disent simplement : “c’est un étranger, on ne veut pas de lui ici.” Mais ils ne savent même pas qui est cette personne, quelle est son origine, sa vie,” lance-t-elle, “donc pour moi, c’est très important que les gens aient conscience de ce qui se passe.”

Kusha Bahrami, bénévole lui aussi, vit en Grèce depuis quatre ans. Ce jeune homme âgé de 30 ans et originaire d’Iran vient tout juste d’obtenir ses papiers. Soulagé, il dit pourtant ressentir une ambiance délétère. “Le climat actuel fait un peu peur quand on est étranger, en particulier quand on a la peau sombre ou noire,” confie Kusha, “il y a beaucoup d‘étrangers qui disent avoir peur de sortir ; moi aussi,” reconnaît-il, “j’essaie de ne pas sortir trop tard dans le centre.”

Dans le centre de la capitale grecque, justement, Zarif Bakhtyari, un jeune Afghan de 29 ans, a été victime d’une agression il y a deux mois : on lui a cassé le nez. “Je tournais à l’angle d’une rue quand tout-à-coup, quelqu’un m’a donné un coup de poing dans le nez,” raconte-t-il, “je ne sais pas qui c‘était, mais j’ai reçu des coups de pied et des coups de poing, je suis tombé au sol et ils m’ont laissé comme ça,” poursuit-il, “je ne sais pas qui m’a frappé, mais c‘était dans un secteur où les fascistes agissent parfois.”

En Grèce, de nombreuses organisations de défense des droits de l’Homme réclament un système équitable et efficace en matière d’asile. C’est le cas d’Amnesty International. “Il n’y a pas d’excuse pour piétiner les droits de l’Homme que l’on soit dans telle situation économique ou dans n’importe quelle situation,” souligne le directeur de l’ONG, Elias Anagnostopoulos avant d’ajouter : “la Grèce a toujours été un pays de migrations : elle a signé des traités internationaux, elle doit les respecter et protéger les droits de l’Homme sans distinction de nationalité, de religion ou de couleur de peau.”

C’est dans ce contexte que le projet “Portes ouvertes” est mené en Grèce, mais il s‘étend également à l’Espagne, l’Italie, Chypre et la Hongrie. Il est financé par le programme : “L’Europe pour les citoyens” lancé par la Commission européenne pour impliquer davantage les habitants dans le développement de l’Union. “Notre coordination avec l’Italie et l’Espagne peut nous apporter beaucoup parce que globalement, on est confrontés aux mêmes problèmes,” affirme Katerina, “on a tous la crise économique, on a tous beaucoup de réfugiés et de demandeurs d’asile ; donc, je pense que si on compare les différentes situations, on pourra avoir un résultat pour comprendre les choses plus précisément et mieux agir.”

Ce jour-là, pour Zarif, c’est le soulagement : après un an et demi d’attente, on vient de lui remettre son passeport de réfugié. Le jeune homme avait fui l’Afghanistan après avoir écrit une pièce de théâtre condamnée par les autorités religieuses. “Mon plus grand rêve,” avoue-t-il, “c’est d’aller en France pour décrocher un master et de continuer à travailler dans le cinéma.”

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