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Nuits Sonores, âge de raison et grosses machines

Ce mardi soir s’ouvre à Lyon le festival des Nuits Sonores. Au départ résolument électronique et techno, sa programmation couvre aujourd’hui un spectre plutôt vague et large mais qui répond au joli nom de “musiques actuelles”. Comprendre : electro, techno, rock indie. Jusqu‘à dimanche, ce sont des artistes pointus et branchés et quelques dizaines de milliers de festivaliers qui vont investir la ville, ses clubs et ses salles de concert. C’est bien là la gageure des Nuits Sonores, perpétrer depuis onze ans une tradition complètement urbaine, et forcer le passage dans une ville souvent cataloguée comme conservatrice.

Le programme diurne du plus gros festival electro français est de retour cette année aux Subsistances, ancien couvent des bords de Saône, avec des artistes comme Anika, révélation kraut-dub 2012 produite par la moitié de Portishead Geoff Barrow, ou le couple danois très romantico-billy des Raveonettes. On y verra aussi quelques poids-lourds / dinosaures comme l’ami Laurent Garnier ou Carl Cox.

Pour la nuit, direction les hangars post-industriels géants des anciennes usines Brossette, dans le sud de la ville, où la sélection donnerait le tournis à n’importe quel amateur de “musiques actuelles” (décidément, je ne m’y ferai jamais)… entre autres, Dan Deacon, Busy P, Vitalic, Daphni, Lindstrøm, Mathew Jonson, sans oublier le duo prodige de la techno lyonnaise, les frères Spitzer. A mentionner également, une scène Bass music100% anglaise, pour le coup vraiment contemporaine, le vendredi, avec jamie XX, Disclosure, King Krule ou Scuba… J’en connais qui se frottent les mains. Les soirées aux usines Brossette, ce sont les grosses machines du festival. Système son énorme, light-shows spectaculaires, logistique de fer, et fréquentation façon… usine.

Chaque année la caution “culte-old-school-punk” est assurée, histoire de ne pas laisser en reste les quelques quadras encore avides de décibels et de nuits blanches. Après James Chance, New order, Mudhoney, c’est Nurse With Wounds et son noise expérimental qui s’y colle pour cette édition.

Les lieux “traditionnels” de fête lyonnais organisent aussi des soirées dans le cadre de Nuits Sonores ( Blackstrobe à l’Epicerie Moderne, Nuit Kompakt à la Plateforme par exemple), et plusieurs “Extra !” très ludiques sont organisés dans des lieux insolites ou en pleine rue avant et pendant le festival.

Enfin, et c’est un vrai évènement parallèle, le European Lab, qui a lieu sur cinq jours à la mairie de Lyon, est un grand forum des acteurs de la vie culturelle européenne. Organisateurs de festivals, politiques, présidents d’association, artistes et médias échangent, débattent, crééent du réseau. Problématique latente, l’innovation culturelle. L’Allemand Joschka Fischer est l’invité d’honneur cette année. C’est le côté “sérieux” et institutionnel (le mot est laché) d’Arty-Farty, organisatrice de Nuits Sonores, et de son président Vincent Carry.

Nuits Sonores a fêté son dixième anniversaire en 2012 ; c’est bien plus que l‘âge de raison pour un festival qui arrive aujourd’hui à concilier musique exigeante et rayonnement européen, programmation de qualité et fréquentation de quantité.

Maxime Biosse Duplan

Carte des festivals européens – euronews.

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