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Cannes 2013 : la mémoire du cinéma

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Cannes 2013 : la mémoire du cinéma

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Le Festival de Cannes ne se conjugue pas uniquement au présent avec la sélection officielle et la remise de la Palme d’or. Sur la Croisette, les jours et les nuits sont aussi rythmés par d’autres sélections et d’autres remises de prix. Le Festival propose également un voyage dans L’Histoire du 7ème art. Cette 66ème édition sera aussi l’occasion de rendre hommage aux hommes, aux femmes et aux films qui ont écrit cette histoire.

Depuis 2004, le Festival de Cannes propose une programmation de grands classiques. Dans le cadre de « Cannes Classics », ces chefs d’œuvre sont présentés au public dans des copies restaurées, en un train d’union entre passé, présent et avenir. Cette sélection est également un hommage au travail effectué par tous les « artisans » du cinéma : sociétés de production, ayant-droits, cinémathèques, etc.

Cette année, un hommage tout particulier sera rendu à Kim Kovak, une des actrices fétiches du maître du suspense Alfred Hitchcock. A 84 ans, l’Américaine va ainsi présenter Vertigo, dans une nouvelle copie restaurée. Le scénario de Vertigo, Sueurs Froides en français, est inspiré du roman D’entre les morts de Boileau-Narcejac. A sa sa sortie en 1958, le film a reçu un accueil mitigé. Depuis, pour de nombreux cinéphiles, Vertigo est considéré comme l’une des plus grandes œuvres de l’histoire du cinéma. En 2007, le film a été classé par l’Institut du Film Américain (AFI) en 9ème position des 100 meilleurs films américains de tous les temps.

La Grande Bouffe de Marco Ferreri sera également un des grands moments de cette sélection. Cette satire de la société de consommation déclencha une vive polémique lors de l’édition 1973 du Festival. Le film fut hué à plusieurs reprises lors de sa projection. Face aux critiques du public et de certains journalistes, Philippe Noiret, l’un des acteurs, a déclaré que :“Nous tendions un miroir aux gens et ils n’ont pas aimé se voir dedans. C’est révélateur d’une grande connerie”. Encore aujourd’hui, ce film est toujours entouré d’une aura sulfureuse.

Un hommage appuyé sera également rendu à un des « monstres sacrés » du cinéma français : Alain Delon. L’acteur est attendu à Cannes pour la projection de Plein Soleil de Réné Clément (1960), également à l’affiche de Cannes Classics. La venue de Delon sera un événement à part entière. En effet depuis 1963, année où la Palme d’or fut attribuée au Guépard de Visconti, Delon n’avait plus monté les marches du palais des Festivals.

Vingt longs-métrages et trois documentaires seront ainsi présentés dans le cadre de cette programmation. Parmi ces grands rendez-vous, la projection de Cléopâtre et Les parapluies de Cherbourg enchanteront les festivaliers.

Cléopâtre de Jospeph L. Mankiewicz, sorti en 1963, restera comme l’un des films les plus chers de l’histoire du cinéma. Le péplum a, en effet, coûté la bagatelle de 44 millions de dollars à la Twentieth Century Fox. Une somme qui faillit provoquer la faillite du studio américain et qui correspondrait aujourd’hui à plus de 250 millions de dollars. Film de tous les superlatifs, Cléopâtre l’est aussi par sa durée : plus de quatre heures !

Le film musical de Jacques Demy Les Parapluies de Cherbourg, qui a reçu la Palme d’or en 1964, sera présenté dans une copie dont les travaux de restauration ont été suivis par sa femme, Agnès Varda, et ses enfants, Rosalie Varda-Demy et Mathieu Demy. Le film Les Parapluies de Cherbourg est entièrement chanté, contrairement aux Demoiselles de Rochefort (1967), qui comporte des dialogues. Jacques Demy, disparu en 1990, ne réalisa qu’en 1982 un second film entièrement chanté avec Une chambre en ville.

Enfin, une soirée spéciale sera également consacrée à Jean Cocteau. Une copie restaurée et numérisée de La Belle et la Bête sera projetée à l’occasion des cinquante ans de la disparition de l’artiste. Réalisé en 1946, l’interprétation de Cocteau de ce conte de fées reste l’une des plus grandes performances de Jean Marais. Il interpréta, en plus de la Bête, deux autres rôles aux cotés de la Belle, jouée par Josette Day. Ce film a été le plus grand succès du poète et dramaturge.