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En toile de fond du procès de néonazis à Munich, l'aveuglement coupable de l'Allemagne.

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En toile de fond du procès de néonazis à Munich, l'aveuglement coupable de l'Allemagne.

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C’est un procès à la fois pesant et retentissant, dans une Allemagne encore traumatisée par son passé nazi.
Un procès présenté comme le plus important depuis celui de la Fraction Armée Rouge, surnommée la “bande à Baader” en 1977.
Murée dans le silence Beate Zschäpe, pourrait bien laisser sans réponse les questions qui hantent l’opinion publique allemande.
Comment elle est ses 2 complices présumés ont-ils pu opérer si longtemps sans être inquiété? Pourquoi la piste xénophobe a-t-elle été délaissée, voire délibérément écartée, par les enquêteurs ?
Pourtant, la seule survivante de la cellule néo-nazi NSU et ses acolytes avaient été repérés dès 1998.

2 ans plus tard, ils commettent leur premier crime à Nuremberg. Le premier d’une longue série, d’une épopée meurtrière visant principalement la communauté turque à travers le pays. Des meutres de petits commercants souvent, entrecoupés de braquages de banques pour financer leur clandestinité.
Le trio est également accusé de 2 attentats à la bombe à Cologne dans des quartiers immigrés, le premier en 2001 fait 10 blessés, le second en 2004 en fait 22.
Là aussi, jamais la police ne suivra la piste de crimes racistes.

Une police inefficace, et un renseignement intérieur accusé d’aveuglement, en écartant systématiquement tout lien avec l’extreme droite.
Traumatisée après le 11 septembre par la fameuse cellule de hambourg, l’Allemagne est alors obnubilée par le terrorisme islamiste et c’est cette piste qui sera privilégiée, voire un réglement de compte de la mafia turque.
De lourdes erreurs sur lesquelles se penchent actuellement une commission d’enquête parlementaire.

Pire, les services de renseignement ont même été suspectés de connivence. Certains de ses membres auraient entretenus des liens avec
les deux complices présumés de Beate Zschäpe. Pas une première, car il est avéré que ces services rémunéraient des membres du NPD, le parti neo-nazi, en échange de renseignements.
Ce parti, toujours légal, aurait soutenu le groupuscule dont est issu le trio, le NSU, lui même originaire de Iéna en ex-RDA.
Selon Janine Patz, qui travaille pour une association anti-raciste à Iéna, le NSU compterait de nombreuses ramifications.
“Nous devons arrêter de croire que cela n’implique que 3 ou 4 personnes” explique-t-elle. “Le NSU, groupuscule d’extrême-droite, est une grande organisation qui a donné naissance à toutes les autres organisations nationalistes de l’Etat de Thuringe. Même celles qui existent encore aujourd’hui, en marge des parties, proviennent de cette mouvance.”

Le gouvernement allemand a mis en place une base de données spéciale sur l’extrême-droite.
Cela sera-t-il suffisant dans un pays ou la xénéphobie est profondément ancrée, notamment dans l’ancienne Allemagne de l’est.
Selon une étude récente, les idées d’extreme droite y trouveraient un écho chez 15,8% de la population, soit 2 fois plus qu‘à l’ouest.