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L'avenir de la Géorgie vu par Ivanishvili


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L'avenir de la Géorgie vu par Ivanishvili

La Géorgie souhaite normaliser ses relations avec la Russie, et dans le même temps rejoindre l’OTAN dans un futur assez proche, selon les déclarations de Bidzina Ivanishvili, nommé premier Ministre il y a six mois.
Ivanishvili souhaite aussi la démission du président Mikhael Saakashvili.
Lors de la session du 23 avril dernier du Conseil de l’Europe à Strasbourg Ivanishvili a accusé Saakashvili d‘être largement responsable des violations de l’intégrité territoriale de Géorgie.
En Aout 2008 un affrontement militaire court mais féroce a opposé la Géorgie et les régions indépendistes de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie,deux régions soutenues par les troupes russes.

Euronews:
Vous vous etes rendu à Strasbourg pour assister à la session du Conseil de l’Europe où les délégations russes et géorgiennes au complet avaient prévu de se rencontrer pour la première fois depuis le conflit de 2008.
Est ce que cela signifie que les relations s’améliorent petit à petit, peut-on espérer voir une normalisation de ces relations dans un futur proche?

Ivanishvili:
J’espère vraiment que les choses évolueront dans ce sens.
Je fais d’ailleurs mon maximum pour…. mon maximum pour améliorer ces relations, et bien évidemment de meilleures relations avec notre voisin russe.
Aucun pays n’a intérêt à avoir ce genre de réalité à affronter. La Géorgie a perdu 20 pour cent de sa superficie, et nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour regagner ce territoire. En même temps cette situation n’est pas non plus acceptable pour la Russie.
Comme je l’ai déjà dit je compte bien regagner ce territoire perdu, mais je précise que les choses se feront par voie de négociations et dans la paix.
Pour nous, aucune forme de violence n’est permise, et j’insiste sur le fait que cela se fera dans un esprit de paix et de négociations.
Nous espérons que la communauté internationale va nous aider, et surtout nous encourager à y parvenir.

Euronews:
La Serbie et le Kosovo ont annoncé la normalistion de leurs relations à travers un accord signé à Bruxelles. Peut-être que cet exemple pourrait servir à Tbilissi en vue de pacifier ses relations avec L’Abkhazie et l’Ossétie du sud?

Ivanishvili:
C’est un excellent exemple qu’ils ont pu nous fournir. Cela réaffirme notre souhait. Le monde change, et les peuples qui jusque là ne parvenaient à trouver un langage commun y parviennent à présent, et ils arrivent à s’entendre.
C’est pour cela que nous devrons donner le meilleur de nous même pour rétablir de bonnes relations avec nos frères d’Ossétie et d’Abkhazie, et bien entendu avec les Russes.

Euronews:
Une enquête a recemment été lancée sur le conflit de 2008.
Mikhail Saakashvili a qualifié cela le scenario russe.
Comment considérez-vous cette enquête?

Ivanishvili:
Saakashvili attribue telle ou telle chose aux Russes dès lors que cela ne lui convient pas.
Et ca, c’est sa politique! et c’a été sa politique durant 9 années!
Et cette politique nous a conduit dans une impasse. Je pense qu’il est normal qu’une enquête ait débuté. C’est intéressant pour le peuple, le peuple doit savoir.

Euronews:
Vous encouragez un rapprochement entre votre pays et l’OTAN.
Et votre opposant Mikhail soutient également ce rapprochement
Mais en même temps pensez -vous qu’il soit envisageable de maintenir de bonnes relations avec l’OTAN et la Russie.
Saakashvili lui ne le pense pas.
Pourquoi pensez vous que ce soit possible?

Ivanishvili:
Nous avons dans ce cas beaucoup d’exemples, beaucoup d’exemples parmi les pays européens.
Beaucoup de pays européens y sont parvenus. Certes durant quelques temps ils ont peut-être détériorés leurs relations avec la Russie.
Mais ils ont choisi le mode de développement occidental, et ils ont par la suite amélioré leurs relations avec la Russie.
Le meilleur exemple est peut-être la Slovaquie. Elle n’a jamais gâché ses relations avec la Russie et a malgé tout rejoint l’OTAN. Je pense que Saakashvili exagère.
On peut très bien avoir de bonnes relations avec la Russie et l’Otan. Saakashvili était énervé après la Russie après cet événement.

Euronews:
Croyez-vous que la Géorgie puisse devenir un membre de l’Otan d’ici une dizaine d’années?

Ivanishvili:
10 ans c’est bien trop long.
Je crois même qu’on peut y parvenir en beaucoup moins de temps.
Et nous devrons prendre en compte la dynamique, le changement l‘évolution du monde.
Le monde change actuellement y compris la Russie, qui dans quelques années pourra aussi avoir de meilleures relations avec l’OTAN.

Euronews:
Pensez-vous que la Géorgie puisse devenir candidat à l’Union Européenne?

Ivanishvili:
Je devrais dire que nous attendons, nous souhaitons que que les perspectives européennes de la Gérogie soient notées lors du prochain sommet de Vilnius en Novembre prochain.
Je dois préciser que la Géorgie s’inscrit dans cette direction avec plus de conviction, bien plus même que par le passé.
Et bien que nos opposants prétendent le contraire, beaucoup d‘événements en attestent.
Et on peut même dire que dans les deux prochaines années on sera très près de l’Europe.

Euronews:
Est-ce que les athlètes georgiens participeront aux jeux olympiques de Sochi?

Ivanishvili:
Evidemment que oui, nos athlètes participeront au Jeux Olympiques de Sochi.
Les Jeux Olympiques sont en général un excellent moyen d’améliorer une situation, et la pérenniser.
Et prenons exemple sur la Grèce Antique. Toutes les guerres étaient arrêtées durant les Jeux Olympiques. Le sport et la culture peuvent nous aider à améliorer une situation. Et nous sommes également à la pointe de ce combat pour également améliorer la situation commerciale. Ca nous aidera dans tous les domaines.

Euronews:
Grâce aux sports, vous êtes en paix

Ivanishvili:
Absolument Grâce aux sports on est en paix

Euronews:
merci beaucoup

Ivanishvili:
Merci

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