DERNIERE MINUTE

Vous lisez:

"China China", l'art contemporain chinois s'exprime à Kiev


le mag

"China China", l'art contemporain chinois s'exprime à Kiev

En partenariat avec

Désassemblage synchronisé de kalachnikovs, étonnante chorégraphie que cette performance de combattants intitulée “Seeing Is Not An Option” et signée Sun Yuan et Peng Yu, deux artistes chinois qui explorent les tensions entre pression sociale et indépendance.

Baptisée China China, cette exposition se tient au PinchukArtcentre de Kiev, en Ukraine.

Si le thème du collectif dans la société chinoise contemporaine est récurrent, les styles sont eclectiques..
Ici, une variété d’individus sont représentés, assis, avec des pierres massives et écrasantes en guise de tête
Là, l’individu affronte le système.
32 pièces sont disséminées dans l’espace. Troncs d’arbres, empreintes, portraits.
L’oeuvre est signée de l’artiste dissident Ai Weiwei, il l’a baptisée “Fairytale”.

“Ce que l’on voulait faire, résuume le commissaire de l’exposition Bjorn Geldhof, c’est collecter divers types de positions afin de présenter d’une manière complexe et en 3 dimensions comment l’individualité et le collectif sont constamment mouvants, et comment notre société se transforme selon ce principe, ou par l‘équilibre de ces deux notions.”

Equilibre à la fois fragile et toujours mouvant, entre urbanisation galopante, exode rural et mutations environnementales.

Bjorn Geldhof commente une nouvelle installation d’ Ai Weiwei intitulée “Forever Bicycles” :

“Après la révolution culturelle, l’objectif était d’industrialiser la Chine et ces bicyclettes sont d’une certaine manière un symbole de l’industrialisation à travers la manière dont elles ont été fabriquées. Elles sont construites comme des gratte-ciels, donc tout est relié à la construction, construction de nouveauté, de nouvelle ville, d’une nouvelle économie, et en même temps, tout est ramené à des choses très similaires, on sort de l’individualité.”

Un peu plus loin, ambiance streetart avec Sun Xun’s, qui, à travers ses graffitis, cherche à établir un lien historique entre l’Ukraine et la Chine, deux pays gouvernés par des régimes totalitaires.

“Ils ont une histoire commune, reprend Bjorn Geldhof, un questionnement sur la gestion du collectif, mais la différence, et c’est aussi pourquoi il est intéressant d‘être ici, c’est qu’en Europe de l’Est, et notamment en Ukraine, ils ont choisi une autre manière de concevoir cette question du collectif et de l’individualité.”

A l’extérieur de la galerie, une autre installation peut surprendre le chaland. Il s’agit à l’origine d’une imposante sculpture de calcaire représentant un officier chinois, et dont les divers membres jonchent désormais les rues du centre de Kiev.

A 31 ans, Zhao Zhao, ancien policier, est l’un des artistes chinois les plus provocateurs.

“En général, les gens qui font des sculptures d’envergure travaillent pièce par pièce puis assemblent les différentes parties, explique-t-il. J’ai été le premier en Chine à faire l’opposé. J’ai créé la sculpture, et ensuite je l’ai fragmentée en plusieurs parties, comme vous pouvez le voir.”

L’exposition “China China” se tiendra, jusqu’au 6 octobre, au Pinchuk ArtCentre de Kiev.

Le choix de la rédaction

Prochain article

le mag

Phoenix renait avec un cinquième album