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Rafsandjani, évincé de la présidentielle iranienne

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Rafsandjani, évincé de la présidentielle iranienne

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En rejetant la candidature du seul candidat réformiste, la décision du Conseil des gardiens de la Constitution arrange le pouvoir en place. La liste finale contient huit candidats. Cinq d’entre eux sont des fidèles du guide suprême, Ali Khamenei.
Akbar Hachemi Rafsandjani avait créé la surprise en se présentant le 11 mai dernier, avec le soutien de l’ancien président réformateur, Mohamed Khatami (1997-2005), et avec lui, une bonne partie des réformateurs du pays .

Pour expliquer cette éviction, les analyses divergent en fonction des courants politiques. “C’est son âge”, explique Emad Abshenas, journaliste conservateur. “La présidence requiert une très forte implication”, ajoute-il. “La candidature tardive de Rafsanjani a perturbé beaucoup de courant politiques qui y ont vu un obstacle à ce qu’ils avaient prévu”, analyse Alireza Khamesian, journaliste du courant réformiste.

La raison, encore officieuse, serait le soutien, discret mais affiché, de Rafsandjani aux manifestants du Mouvement vert, en 2009, après la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad.
Révolutionnaire irréprochable, intime de l’ayatollah Khomeini, il est d’abord président du Parlement, puis Président de la République (1989-1997). Rafsandjani est aussi une personne très riche et très influente qui bénéficie d’un réseau considérable.
Mais cela ne suffit pas pour faire un président. Son dernier échec électoral date de 2005. Il se présente face au président sortant, Mahmoud Ahmadinejad, qui le bat largement au second tour. Ses partisans comptaient sur son affairisme pour sortir le pays de la crise économique et sur son pragmatisme pour apaiser les relations avec les Etats Unis. Il n’en sera rien.

Après huit années de relations tendues avec Ahmadinejad, le guide suprême et le clergé conservateur voulaient un homme dévoué et docile au poste de président. Rafsandjani n’avait pas le bon profil.

Interview:

Pour en parler, avec Euronews, M. Hassan Shariatmadari, spécialiste de l’Iran en duplex depuis Hambourg (Allemagne).

Omid Labahi, Euronews:

M. Rafsandjani a eu un rôle très important dans la formation de la République islamique, malgré cela, il est disqualifié aujourd’hui. Comment l’interprétez-vous?

Hassan Shariatmadari:

D’un côté, la disqualification de M. Rafsandjani est, en fait, la disqualification de la Révolution islamique. Lors de de son second mandat en tant que président, il faisait partie de ceux qui décidaient à la tête du régime. Après cela, il a dirigé le Conseil de discernement et l’Assemblée des Experts, deux postes très importants dans la République islamique.
De l’autre côté, M. Rafsandjani a pu être disqualifié par le Guide suprême, Ali Khamenei, ce qui est probablement le cas. Avec cette candidature, ce dernier peut craindre une diminution de ses pouvoirs car il ne pourrait pas, dès lors, peser sur l’ensemble de l’exécutif. En conséquence, soit, il met hors-jeu les courants politiques qui ne se soumettent pas à lui, soit, il délègue les clés du système à des hommes de confiance.

Omid Labahi, Euronews:

Des personnalités politiques, entre autres, telles que la fille de l’Ayatollah Khomeini, le fondateur de la République islamique, ont demandé au Guide suprême d’intervenir et de ramener Rafsandjani dans la course à la présidentielle. D’après vous, est-ce une hypothèse crédible?

Hassan Shariatmadari:

Non, il y a peu de chances que cela arrive. Et si cela devait arriver, M. Rafsandjani, serait alors redevable au Guide Suprême dont les décisions politiques ont été d’empêcher l’ouverture de l’espace politique en Iran et aussi la coopération avec l’Occident sur le projet nucléaire iranien. Il serait aussi difficile pour les 2 hommes de collaborer pour régler les problèmes du pays.

Omid Labahi, Euronews:

La candidature d’Esfandiar Rahim Mashaï (soutenu par Mahmoud Ahmdinejad) a, elle aussi, été rejetée. Etait-ce prévisible?

Hassan Shariatmadari:

Pour moi, M. Mashaï n’avait aucune chance. Le président Ahmadinejad et ses soutiens ont, semble-t-il, voulu créé du remous en publiant des informations confidentielles en cas de rejet de leur candidat. Cela pourrait poser quelques soucis au régime mais le Conseil des gardiens de la Constitution semble avoir décidé d’en payer le prix. On saura dans les prochains jours si c’est M. Khamenei qui a pris cette décision. A l’heure actuelle, il semble que cette éviction soit le choix du guide suprême qui n’aurait pas voulu de deux mandats présidentiels aux côtés de Mashaï. Pas question pour lui d’avoir un régime à deux têtes! Bien sûr, je pense que quel que soit le président, il y aura toujours les mêmes problèmes tant que le leader religieux concentrera tous les pouvoirs.