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Comment l'affaire Tapie est devenue l'affaire Lagarde


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Comment l'affaire Tapie est devenue l'affaire Lagarde

Deux Français à la tête du Fonds monétaire international, deux affaires judiciaires embarrassantes pour la France sur la scène mondiale. Contrairement à son prédécesseur, Dominique Strauss-Kahn, Christine Lagarde s’y attendait, et en avait clairement averti le FMI quand il l’avait nommée à sa tête en juillet 2011. L’institution avait opté pour la confiance.

En cause : le rôle joué par Christine Lagarde dans le règlement de l’affaire dite “Tapie” en 2008, alors qu’elle était ministre de l‘économie.

Cette affaire politico-financière remonte à 1993. L’homme d’affaires Bernard Tapie vient d’entrer au gouvernement Bérégovoy. En échange, il s’est engagé à céder l’essentiel de ses entreprises dont Adidas, alors en difficulté. Il en confie la vente à sa banque, le Crédit lyonnais.

Sans le lui dire, celle-ci en acquiert 20% via une société offshore.

L’année suivante, l‘équipementier sportif a retrouvé la forme. Il est revendu deux fois plus cher. Le Crédit Lyonnais empoche une plus-value de plus d’un milliard de francs. Bernard Tapie crie au scandale et réclame sa part. C’est le début d’une longue bataille judiciaire. L’adversaire de Tapie va cependant changer de visage avec la faillite de la banque, désormais sous administration publique.

L’affaire traîne jusqu‘à l’arrivée à l’Elysée, en 2007, de Nicolas Sarkozy, dont Bernard Tapie a soutenu la candidature.
Nommée ministre de l‘économie, Christine Lagarde confie le règlement du litige à un tribunal arbitral privé comme la loi le permet sous certaines conditions.

Trois arbitres sont désignés. En juillet 2008, ils condamnent l’administrateur public du Crédit lyonnais à verser à Bernard Tapie 403 millions d’euros dont 285 millions d’indemnités.

Plusieurs questions se posent : pourquoi un arbitrage privé alors que des fonds publics étaient en jeu ?

Pourquoi Christine Lagarde n’a-t-elle pas dénoncé les arbitres qu’elle savait favorables à Bernard Tapie ?

Pourquoi n’a-t-elle pas exercé de recours contre leur arbitrage controversé, alors qu’elle en avait la possibilité ?

Enfin, Christine Lagarde a-t-elle agi seule ou a-t-elle reçu des ordres ?

En clair, les juges se demandent si le Président Sarkozy n’a pas monnayé le soutien de l’homme d’affaires à sa campagne.

Tout ce qu’ils savent pour l’instant, c’est que les deux hommes se sont rencontrés plusieurs fois avant, et plus de dix fois après, son élection.

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