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France : Barjot laisse tomber la "Manif pour tous" et les politiques s'inquiètent

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France : Barjot laisse tomber la "Manif pour tous" et les politiques s'inquiètent

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À deux jours de la “Manif pour tous” prévu pour le dimanche 26 mai, Frigide Barjot “ne pense pas” aller défiler à Paris contre la loi sur le mariage pour tous.

La figure de proue de l’opposition à la loi Taubira considère que les menaces qui pèsent sur elle sont “encore extrêmement présentes”. La militante catholique estime ne pas avoir les “garanties” de pouvoir s’exprimer librement.

Frigide Barjot se fait clairement doubler par sa droite. Depuis qu’elle prône une union civile pour les couples de même sexe, l’ex-chroniqueuse est devenue la nouvelle cible des critiques des manifestants les plus radicaux. Elle ajoute qu’elle n’est “d’ailleurs plus vraiment à la tête de la Manif pour tous”.

Un mouvement trop “bisounours” pour les opposants les plus farouches

À ses détracteurs qui l’accusent de ne pas contrôler son propre mouvement, Frigide Barjot veut montrer qu’elle ne perd pas le nord. Malgré son absence probable, elle encourage “tout le monde à aller manifester dimanche”.

Sur Twitter, les internautes s’amusent de la situation de la “catho branchée”

À droite, certains membres de l’UMP se disent “inquiets” de la tournure que prend la “Manif pour tous”. Le parti s’est associé au mouvement depuis le début du débat. Nathalie Kosciusko-Morizet, députée UMP, craint que sa famille ne sombre ou soit associée à cette “agressivité”.

Inquiétudes de la classe politique

La candidate aux primaires ouvertes de Paris en appelle à la préfecture de police pour qu’elle ne soit pas à nouveau “prise en défaut”, un tacle en référence aux incidents qui ont eu lieu au Trocadéro la semaine dernière. La députée de l’Essonne a également reconnue “beaucoup de tensions” entre militants modérés et radicaux. Attaquée par son propre camp pour s‘être abstenue lors du vote de la loi sur le mariage pour tous à l’Assemblée, elle en a profité pour dénoncer “des méthodes qui viennent du Front National”.

De son côté, le ministre de l’Intérieur a annoncé ce vendredi sur France Info qu’il réfléchissait à une interdiction du “Printemps français”, une frange radicale du mouvement d’opposition au mariage pour tous. Le collectif menace de prendre pour cible “le gouvernement actuel et les partis politiques de la collaboration”. Manuel Valls a dénoncé “un appel à la violence” et confié “ne pas prendre à la légère” les “nombreuses menaces de mort” qu’il qualifie d’“intolérables”.

En réaction, la porte-parole du “Printemps français” s’est dite “triste que dans ce pays on arrive dans un tel déni de démocratie”, sur i>Télé.

Le gouvernement estime que “des groupes radicaux d’extrême droite veulent venir en nombre pour créer l’affrontement et le désordre et pour s’en prendre aux symboles de la République”. Les Jeunes socialistes ont immédiatement soutenu la proposition de Manuel Valls. Le mouvement a également demandé “la dissolution du GUD, du Bloc Identitaire et des Jeunesses nationalistes qui utilisent les même méthodes de déstabilisation de la démocratie pour propager l’intolérance et la haine”.