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Les Antigones contre les Femen


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Les Antigones contre les Femen

Vêtues de jupes blanches, plusieurs dizaines de jeunes femmes ont tenté samedi dernier d’assiéger le quartier général parisien des Femen, ce groupe féministe radical d’origine ukrainienne qui lutte les seins nus. Les Antigones se définissent comme « un simple rassemblement de femmes » ; elles ont été interceptées par les forces de police qui voulaient empêcher leur progression afin d’éviter tout affrontement. L’objectif de la manifestation était de dénoncer les « méthodes totalitaires et manipulatrices » du mouvement Femen.

« Loin de toute considération politique ou confessionnelle, nous revendiquons notre droit élémentaire et notre devoir fondamental à être des femmes à part entière. La femme a sa dignité, celle-ci ne passe pas par l’exhibitionnisme et l’hystérie », peut-on lire dans leur communiqué.

Rejetant le radicalisme des Femen, qui selon elles « ont poussé le féminisme jusque dans ses retranchements les plus sordides », les Antigones prônent un retour à la sagesse, au calme et à la détermination à construire leur avenir en complémentarité avec les hommes et non contre eux.

En se référant à Antigone de Sophocle, les anti-Femen évoquent le courage de l’héroïne à faire des choix en suivant ses valeurs et la légitimité de la loi naturelle. Selon elles, les activistes de Femen sont aux ordres d’une idéologie qui détruit les bases de notre société en bafouant ses valeurs fondamentales.

Pour appuyer leurs revendications, les Antigones ont reconnu avoir réussi à infiltrer les rangs des Femen dans lesquels, selon les résultats de cette expérience, règne un « manque total de formation, camouflé par une unité d’action ».

Concrètement, les150 femmes en blanc réunies à Paris le 25 mai dernier derrière la bannière d’Antigone demandent le retour en Ukraine des deux responsables des Femen en France, l’arrêt des subventions au mouvement et la fin de l’immunité pour ses membres.

Face à l’important dispositif policier déployé pour stopper leur manifestation, les Antigones ont exprimé dans un communiqué leur regret que le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls fasse « preuve de complaisance coupable à l’égard des Femen ».

Malgré les affirmations concernant leur non appartenance politique et confessionnelle, le discours des Antigones ressemble étrangement aux propos tenus récemment par les représentants des mouvements de lutte contre le mariage pour tous (Printemps français, Manif pour tous). En prônant « la légitimité de la loi naturelle » et se définissant dans un cadre filial les mystérieuses femmes en blanc semblent faire partie de la même famille politique.

Depuis leur action avortée, les suspicions d’appartenance à la mouvance identitaire vont bon train sur la Toile. La publication sur Tweeter des citations des Antigones par le président du Bloc identitaire Fabrice Robert semble d’ailleurs les confirmer. Autre ressemblance à la mouvance identitaire concerne leur adhésion à l’idéologie néo-païenne qui consiste à idéaliser la Grèce antique, société élitiste ou les métèques n’avaient pas le droit de vote.

Selon l’analyse avancée par Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l’extrême droite, sur le site des Inrocks, la stratégie de tout nier en bloc fait également partie du modus operandi utilisé par les militants identitaires. Pour lui, “ce qui est intéressant pour eux dans ce type d’opération, c’est de maintenir le suspens et de faire passer les Antigones pour un groupe indépendant. C’est un meilleur teaser que de dire oui, elles appartiennent au Bloc identitaire“.

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