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Grève des aiguilleurs du ciel : entre 25% et 50% des vols annulés en France

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Grève des aiguilleurs du ciel : entre 25% et 50% des vols annulés en France

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Une grève mardi en France d’aiguilleurs du ciel a entraîné l’annulation d’un quart des vols prévus et poussé Paris et Berlin à demander à Bruxelles de surseoir à son projet de libéralisation du contrôle aérien présenté dans l’après-midi au Parlement européen.

Selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), 1.800 vols ont été annulés en France, alors qu’en moyenne “il y a 7.650 vols sur la journée”, mais la situation était “globalement assez calme dans les aérogares” en raison des mesures prises en amont.

La DGAC avait demandé aux compagnies de réduire leur programme de vols de 50% de mardi à jeudi dans certains aéroports: Roissy, Orly, Beauvais, Lyon, Nice, Marseille, Toulouse et Bordeaux. Selon les données recueillies par l’AFP, les taux d’annulation allaient de 30% à 50% dans la plupart de ces aéroports.

D’autres sites ont également été touchés, certains fermant leurs portes comme Tarbes, Montpellier ou Perpignan, a indiqué la DGAC. Le syndicat autonome des contrôleurs du trafic aérien (SNCTA), majoritaire chez les aiguilleurs, avait déposé un préavis de mardi à jeudi, afin de dénoncer “les conséquences des contraintes européennes” pour les contrôleurs.


carte d’Eurocontrol montrant les retards de vol, à 12h30GMT. En rouge, les retards de plus de 45 minutes

D’autres syndicats (CGT, CFDT, Unsa et FO) de la DGAC ont appelé à la grève mercredi, en coordination avec des membres de la Fédération Européenne des travailleurs des Transports (ETF). Des actions sont prévues dans 11 pays, mais en dehors de l’Hexagone, les transports devraient être moins affectés. Les syndicats européens entendent dénoncer le projet de Bruxelles visant à créer un “ciel unique” européen. Les contrôleurs ne veulent pas perdre “leurs yeux et leurs oreilles”

Rejet du projet de « ciel unique » européen

Ce projet, lancé il y a une dizaine d’années, a pour objectif de supprimer les frontières nationales dans les airs, tripler la capacité de l’espace aérien, réduire les coûts de gestion du trafic de 50% et réduire de 10% les incidences sur l’environnement. Mais il patine depuis son lancement en raison des réticences, voire du blocage, de nombreux Etats membres.

Alors que le commissaire européen aux Transports, Siim Kallas, devait présenter mardi après-midi des propositions pour relancer cette réforme, le ministre des Transports Frédéric Cuvillier a indiqué à la mi-journée qu’il avait demandé, en accord avec Berlin, de surseoir au projet. Il a notamment expliqué que Paris ne souhaitait pas aller vers une “séparation des fonctions de régulation et de contrôle”, comme le prévoit le projet.
L’espace aérien de l’UE, qui compte 440 aéroports, est divisé en 650 secteurs et compte 60 centres de contrôles du trafic aérien gérés par 27 systèmes nationaux. Conséquence de cette fragmentation, les distances à parcourir sont plus longues car les contrôleurs ne sont pas en mesure de gérer plus d’un certain nombre de vols en même temps. “Ce qui nous pose problème, ce n’est pas le principe des règlements « ciel unique » qui visent à harmoniser la gestion de la navigation au niveau européen”, a expliqué à l’AFP Olivier Joffrin, responsable de l’Usac-CGT.

Mais, a-t-il ajouté, “ce qu’on n’accepte pas, c’est que la Commission utilise ce biais pour privatiser, et pousser à la libéralisation d’un certain nombre d’activités”. Il a cité notamment les services qui s’occupent de l’entretien et de la maintenance des antennes radars, qui “sont clairement les yeux et les oreilles des contrôleurs”.

Pour M. Joffrin, externaliser de tels services présente un risque si la “chaîne de sécurité est complètement démantelée”. En outre, les salariés de tels services, subissent “des menaces directes sur leur statut et leurs conditions d’emploi”. La Cour des comptes a épinglé à plusieurs reprises les personnels de l’aviation civile, relevant notamment en 2010, qu’ils étaient mieux payés que dans le reste de l’administration, mais sans gain de productivité.

Alors que les contrôleurs doivent poursuivre leur mouvement jusqu‘à jeudi, la journée sera aussi marquée par une grève des cheminots contre la réforme du système ferroviaire annoncée par le gouvernement.

(AFP)