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Furosémide : l’enquête se poursuit

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Furosémide : l’enquête se poursuit

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Un nouveau scandale sanitaire secoue la France depuis le 7 juin et le signalement par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ASNM) d’une erreur de conditionnement du diurétique générique Furosémide 40 mg. 5 jours plus tard, l’origine de ce dysfonctionnement est toujours inconnue. Il aurait coûté la vie à au moins 3 personnes et généré un cas grave.

L’ANSM a annoncé mardi 10 juin qu’après un enquête minutieuse menée par ses quatre agents délégués sur le site de Sens (Yonne), ni l’organisation, ni les pratiques ou l’équipement de l’usine n’ont été jugés être la cause de l’erreur de conditionnement

L’enquête se poursuit par d’autres voies, notamment en collaboration avec les autorités judiciaires, pour comprendre comment une telle erreur a pu échapper à la vigilance de l’entreprise et soulever un vent de panique dans une France déjà sensibilisée par les différents scandales médicaux.

Depuis que l’ANSM a annoncé que deux lots (Y 175 et Y 176) du générique Furosémide 40 mg du laboratoire israélien Teva contenaient en fait des comprimés de zopiclone, un somnifère, le bilan s’alourdit chaque jour. On dénombre aujourd’hui 3 morts, une mort suspecte et un cas grave.

Dès le lendemain de l’annonce, on signale à Marseille le cas d’un homme de 91 ans, dont l’autopsie a révélé le décès par œdème pulmonaire aigu. C’est en effet le type de complications fatales liées à la non-prise du traitement diurétique, qui peut également entraîner une insuffisance cardiaque. Le deuxième cas déclaré est celui d’une femme de 101 ans décédée à Compiègne le 24 mai des suites de complications au niveau des reins, d’après son fils.

Un autre cas de décès lié au Furosémide a été déclaré par les proches des victimes a été identifié à Ajaccio (Corse), lundi 10 juin. Les proches de la défunte ont envoyé un courrier adressé au procureur de la République de la ville.

Le parquet de Privas en Ardèche a lui aussi ouvert une enquête, en collaboration avec le parquet de Marseille, afin de statuer si le décès d’une habitante de 86 ans de la région serait imputable au médicament incriminé. Si le décès de celle-ci remonte au 4 juin, ce n’est que lundi que la découverte de boîtes du lot incriminé a alerté ses proches et déclenché donc une enquête.

Un cas grave a été admis aux urgences de Joigny (Bourgogne) lundi, mais a pu être pris en charge à temps. L’homme de 75 ans est toujours hospitalisé, mais son état évolue favorablement d’après ses médecins.

Devant l’accumulation des signalements et de nouveaux cas, l’ANSM a décidé de rappeler tous les lots de Furosémide 40 mg, après avoir rappelé dans un premier temps seulement les boîtes des lots incriminés. Pour ordre de grandeur, un lot est constitué de 95.000 boîtes.

Mercredi, le parquet de Paris a annoncé ouvrir une enquête préliminaire pour tromperie aggravée, homicides et blessures involontaires, mise en danger de la vie d’autrui et administration de substance nuisible. Les soupçons de malveillance soulevés dans les médias par François Chast, pharmacologue parisien, ne semblent pas faire écho chez les responsables de Teva France, qui ont indiqués ne pas avoir encore décidé s’ils porteraient plainte ou non.

Credit Photo CC BY FlickR/emagineart http://eurone.ws/11vLDk9