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Microsoft surpris par un retour de flamme.

Le 21 mai dernier, le géant de l’informatique a fièrement présenté sa nouvelle console de jeux, la Xbox One. La présentation a été complétée lors du salon de l’E3 à Los Angeles, plus grande manifestation consacrée aux jeux vidéo.

Pour le fabricant, sa dernière-née est le futur du genre : une boîte multimédia ultra connectée qui permet de jouer, stocker ses jeux dans le ‘nuage’ (‘cloud’) pour y accéder depuis n’importe quelle autre Xbox, mais aussi partager sur les réseaux sociaux, regarder la télévision ou téléphoner sur Skype en même temps que l’on joue. Et le tout sans être parasité, par exemple, par… votre four à micro-onde.

La réalité vu par les utilisateurs potentiels est tout autre et les critiques ne faiblissent pas depuis le 21 mai dernier. Les griefs portent tout d’abord sur cette connexion quotidienne à internet imposée par le constructeur.
En effet, pour fonctionner la Xbox doit nécessairement se connecter à internet au minimum une fois par jour. Evidemment, Microsoft ne dit pas que sa console est inutilisable hors-ligne mais précise simplement que, en résumé, au bout de 24h sans connexion vous ne pourrez pas jouer. Dommage pour une console.

De plus, Microsoft ne tremble pas en déclarant sur la présentation officielle de la Xbox : “Puisque chaque propriétaire de la Xbox One possède une connexion haut-débit…”, Microsoft entendant par connexion haut-débit une connexion d’au moins 1,5 Mb/s. On en déduit donc que Microsoft ne vise que les habitants des zones urbaines de pays connectés au haut-débit, mettant de côté dès le départ les habitants des zones rurales ou des pays à réseau internet moins puissant ou moins stable. C’est un choix stratégique et commercial, peut-être guidé par des statistiques sur le profil de leurs utilisateurs, mais qui n’en demeure pas moins surprenant.

A cette restriction de départ s’ajoute le fait que la Xbox One ne sera pas lancée dans tous les pays simultanément en raison des éléments à mettre en place pour assurer cette ultra connexion. La console pourra donc être utilisée à son lancement dans seulement 21 pays dont aucun n’est situé en Asie.

Interpellé sur Twitter par un utilisateur, Microsoft s’excuse de ne pas aller plus vite mais demande aux possesseurs de Xbox 360 qui ne sont pas dans la liste des 21 pays de simplement attendre encore pour passer sur la Xbox One.


Autre source d’inquiétude, la Kinect. Celle-ci peut être pilotée par la voix notamment pour allumer et éteindre la box en disant simplement “Xbox on”. Mais cette fonctionnalité nécessite qu’elle soit en mode “écoute” en permanence. Par ailleurs, la Kinect propose plusieurs applications qui utilisent des données personnelles comme votre rythme cardiaque ou la reconnaissance faciale. Microsoft assure que les paramètres de confidentialité sont réglables, que Kinect n’enregistre pas les conversations et ne filme pas non plus ce qui se passe dans votre salon. Selon le géant américain, la Kinect peut être complètement éteinte lorsqu’elle n’est pas utilisée pour un jeu. Rien n’est officiellement dit sur la page de présentation quant aux réglages par défaut ni au stockage de ces données.

En pleine affaire d’espionnage des réseaux par la NSA et alors que les négociations contre les lois telles que CISPA et ACTA mobilisent les citoyens sur les notions de protections des données personnelles, un tel mouvement de la part de Microsoft le met en porte-à-faux vis-à-vis d’un certain nombre de personnes inquiètes de l’utilisation qui est faite des données personnelles sur les réseaux.

Enfin, dernier point d’achoppement mais pas le moindre du point de vue des ‘gamers’ : le prêt, le don et le marché du jeu d’occasion. En effet, Microsoft explique que les joueurs pourront donner leurs jeux mais à seulement deux conditions :

  • Chaque jeu ne pourra être donné qu’une fois à une seule personne.
  • Cette personne devra être dans la liste des amis du donneur depuis au moins 30 jours.

Les joueurs pourront aussi prêter leurs jeux par le ‘nuage’ à dix personnes de leur famille et avec tout le monde au domicile du propriétaire de la console. Cela est expliqué dans une phrase qui, en prenant un peu de recul par rapport au contexte, est tout simplement effrayante : “quiconque pourra jouer à vos jeux sur votre console, que vous soyez connecté à votre compte ou non et quelque soit la nature de leur lien avec vous”.

Microsoft dit donc, tout simplement, à ses acheteurs qui est autorisé ou non à jouer et à quelle condition avec les jeux qu’ils ont achetés… Un point de détail qui n’a pas échappé à un certain nombre de joueurs qui l’expriment sur les nombreux forums de jeux vidéos : “je ne peux pas admettre de ne pas pouvoir avoir le choix de faire ce que je souhaite avec un produit que j’ai acheté et qui m’appartiens, c’est pour quoi tant que Microsoft n’aura pas revu son système à la big Brother moi et mes amis nous boycotteront cette console.” (sic)

De plus, Microsoft oblige désormais les utilisateurs souhaitant revendre leurs jeux à le faire par le biais de revendeurs partenaires. Fini les reventes directes par petites annonces. Microsoft précise qu’il ne prélèvera pas de frais ni du côté revendeur ni du côté consommateur mais qui peut dire que les partenaires ne le feront pas et que Microsoft ne changera pas d’avis un jour. Est-ce un choix pris pour s’attirer les faveurs des développeurs de jeux dont les coûts augmentent sans cesse et pour qui le marché de l’occasion représente un certain manque à gagner ?

En tout cas, Sony, qui a frappé fort en annonçant une Playstation 4 vendue 100 euros moins chère que sa concurrente, enfonce le clou en se moquant gentiment de Microsoft. Un point niveau prix, un point niveau humour et côte d’amour… Cela suffira-t-il à la Playstation 4 pour battre cette Xbox One à la réputation bien mal lancée…?

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